"Quand j'ai vu mon fils, j'ai crié"
"C'était un samedi. J'ai appelé mon ex-mari pour parler à Mohamed. Il m'a fait savoir que Mohamed dormait et qu'à son réveil, il allait me rappeler. Ce qu'il n'a pas fait. Le lendemain aussi, dimanche, je n'ai pas eu de ses nouvelles. C'est seulement le lundi, très tôt, qu'il m'a appelée. Il m'a fait savoir que Mohammed était tombé dans les toilettes et qu'il l'a conduit dans un hôpital à Dakar. Je n'ai même pas eu le temps de lui demander dans quel hôpital ils étaient. J'étais perturbée. Après avoir fait le tour de quelques hôpitaux, je l'ai appelé et il m'a dit qu'ils étaient à Albert Royer.
Quand je suis entrée dans la salle et que j'ai vu Mohamed, j'ai crié. Je lui ai dit que ce n'était pas mon fils. C'était impossible que ce soit lui. Et c'est là que Mohamed s'est un peu relevé pour me dire: "yaay mann la, mann la Mohamed" (c'est moi Maman, c'est moi Mohamed). J'ai craqué. En guise d'explication, son père qui est mon ex mari, m'a dit qu'il est tombé en jouant au foot et il s'est blessé au bras dans les toilettes. Quand je lui ai posé la question de savoir où il était pendant tout ce temps, il m'a dit qu'il était au boulot. Et quand je lui ai demandé où était sa femme dans tout ça, il m'a répondu qu'elle dormait."
Les confidences de Mohamed
"À Diamniadio, le médecin nous a clairement fait savoir qu'il a été étranglé. Il a prescrit des antibiotiques à Mohamed. Quand on a reçu les papiers de mon fils, nous sommes retournés à Fann. Là-bas aussi, le médecin m'a dit qu'il a été maltraité et que je devrais chercher à en savoir plus. Il a insisté auprès du père pour qu'il vienne à Dakar, mais ce dernier n'a rien trouvé de mieux à faire que de se disputer avec eux. On est restés quelques jours à l'hôpital, avant de sortir. C'est après que Mohamed m'a tout raconté.
Il m'a expliqué qu'à chaque fois qu'elle lui faisait prendre son bain, elle cognait sa tête contre le mur. Et que ce jour-là, elle lui avait tordu le bras jusqu'à ce qu'il se casse avant de le frapper avec un bâton. C'est ce qui explique les quatre fractures. Elle ne s'est pas arrêtée à ça. Elle a pris une cuillère qu'elle chauffait avant de la mettre sur son dos. Ce qui lui a occasionné des brûlures. Il était aussi étranglé par sa belle-mère."
"Daff may rey"
"Quand nous sommes arrivés, Mohamed a été entendu. Et là, il a reéxpliqué tout ce qu'il m'avait dit à la maison. Il a tout dit en détails. L'après- midi, mon ex mari est venu, accompagné de sa femme. Dès que Mohamed l'a vu, il a commencé à crier, à pleurer. II ne pouvait plus rester sur place. Quand on nous a demandé d'entrer dans la salle, il a catégoriquement refusé. Il criait partout "daff may rey, daff may rey" (elle va me tuer). Quand nous sommes arrivés à le calmer et à le faire entrer, il n'a pas pu répéter ce qu'il avait dit le matin. Il répétait tout le temps: "elle va me tuer, elle va me tuer". Je lui demandais de ne pas regarder dans sa direction mais il était toujours en état de choc."
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