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Transports publics : Ces adeptes du pelotage dans les bus

Auteur: Coumba FAYE (Stagiaire)

Transports publics : Ces adeptes du pelotage dans les bus

Certaines sociétés de transport en commun à Dakar ne respectent plus le nombre de places autorisées. Un phénomène qui est devenu presque «normal». Le problème du surnombre ou surcharge noté dans les transports en commun a engendré un autre phénomène qui incommode certaines femmes et jeunes filles. Ce sont les pelotages à caractère sexuel dont les auteurs se réfugient derrière la surcharge du véhicule pour se tirer d’affaire.

Jeudi matin. Le bus Tata tarde à pointer à l’horizon. Enfin, il s’arrête plein à craquer ! Il faut jouer des coudes pour entrer, la porte étant obstruée par des passagers. A l’intérieur, on suffoque. Le conducteur, comme si de rien n’était, continue de prendre, en cours de route, d’autres clients. On entend grincer les amortisseurs du véhicule lourdement chargé. Les passagers ne disent rien malgré l’inconfort, la promiscuité et la chaleur. Le calme est soudain interrompu par les vociférations d’une femme qui s’en prend à un homme d’une soixantaine d’années accusé d’attouchements et d’avoir serré d’un peu trop près sa jeune voisine. Elle  traite le vieux de tous les noms d’oiseau.

Tout confus, le vieil homme reste bouche bée. Des passagers demandent à la dame de se calmer, mais elle ne veut rien entendre. «Chauffeur, conduis-nous à la police la plus proche», demande-t-elle   au conducteur du bus. Les passagers multiplient leurs interventions. Certains d’entre eux ont peur d’arriver en retard au bureau. Sensible à ces sollicitations, la dame accepte de passer l’éponge au grand bonheur du « vieux spécialiste en attouchements sexuels dans les bus».

Les cas d’atteinte à la pudeur sont fréquents dans les lieux publics, dans les bus surtout. Les cibles sont les femmes. Elles disent vivre le calvaire, «si ce n’est l’enfer tout simplement», rectifie Mme F. Nd. Selon elle, s’il n’y a pas de places assises, les femmes sont obligées de rester debout.  «Mais nous restons sur notre garde afin de ne pas nous retrouver dans le collimateur des prédateurs qui n’hésitent pas à profiter de la moindre secousse du véhicule pour se coller à nous de façon impudique pour leur plaisir », ajoute-t-elle. Cependant, certaines femmes ne se laissent pas faire. Et gare à tout homme qui s’aventurerait à les toucher ! Car il serait difficile de les arrêter. Comme des lionnes en furie, elles abreuvent les auteurs d’attouchements d’injures malgré les appels au calme des passagers. Quelques rares fois, elles prennent à partie un fautif pour lui donner une correction mémorable avant de le conduire à la police.

Des hommes accusent les femmes

Pour cette jeune dame rencontrée au terminus Liberté 5, ce phénomène est loin d’être nouveau. «A l’époque où j’étais au lycée, nous avions un voisin que tout le monde évitait. Il était considéré comme un pervers, un maniaque du sexe. Même sa famille le reconnaissait». Elle dit s’étonner, cependant, de la recrudescence de ce phénomène et évoque la dégradation des mœurs. Elle reconnaît aussi que l’habillement des jeunes filles – qui laisse dévoiler bien des parties du corps – incite certains hommes à faire des attouchements sur les passagères de transport en commun. «Les filles qui s’habillent de manière indécente ne doivent pas s’étonner quand elles sont victimes d’attouchements sexuels», avoue-t-elle. A l’intérieur d’un bus de Dakar Dem Dikk une dame, le receveur et quelques passagers discutent «Le  manque d’éducation est à l’origine de tout cela. Les parents ne prennent plus le temps de discuter avec leurs enfants», soutient le receveur. Certains hommes estiment que les femmes exagèrent et que trop souvent ces accusations ne sont pas fondées et sont justes le fruit de leur imagination. Ils disent  également que certaines femmes ne tolèrent aucun contact, ce qui est pratiquement impossible dans les bus toujours bondés. « La vérité est que si vous ne voulez pas qu’on se frotte à vous, prenez un taxi ! », lance un de nos interlocuteurs.D’autres, en revanche, affirment que des femmes accusent des hommes d’attouchements quand ces derniers refusent leurs avances dans le bus. «Les passagères des bus sont en chaleur et ce sont elles qui provoquent les hommes», confie Seydou Loum, étudiant en Informatique qui a pris un bus rempli de clients. « Une jeune dame, teint clair, assez mignonne se tenait debout devant moi. A un certain moment, je sentis que la dame s’efforçait de rapprocher ces fesses de mes parties génitales. J’essayais tant bien que mal de la repousser, mais elle insistait. Pour m’en sortir, j’ai dû plier mon genou pour en faire un barrage. J’avais peur qu’elle fasse un scandale».  Son frère Salif se dit plus malin. «Dans le bus, je prends toujours mes précautions pour éviter ces genres de situations. Je mets mon sac en bandoulière devant moi pour créer un obstacle».

Le phénomène des attouchements dans les bus n’est pas nouveau. Et il sera difficile d’y mettre fin tant que les véhicules de transport en commun seront en surcharge.

Auteur: Coumba FAYE (Stagiaire)
Publié le: Samedi 24 Septembre 2011

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