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ETRE MACON PENDANT LE RAMADAN : Une situation pas du tout enviable

Auteur: Le Populaire

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Métier difficile en temps normal, la maçonnerie le devient plus, pendant le ramadan. Utilisant essentiellement leur force et travaillant sous le chaud soleil dans les chantiers, les maçons souffrent pendant le ramadan. Le ventre creux, ils mettent à rude épreuve leur métabolisme, s’épuisant physiquement et transpirant à grosses gouttes sans possibilités de pouvoir s’hydrater avant la rupture du jeûne. Ce qui fait de leur métier un véritable calvaire. 

Retrouvés dans un chantier de R+4, à Fass Delorme s'attelant aux travaux de finition, qui est l'étape la plus difficile, des ouvriers décrivent ce qu'ils endurent entre 8 heures le matin et 16 heures, à la descente. 

Et dans le lot des ouvriers sur le chantier, on retrouve des élèves. Ils sont venus vendre leur force de travail pour pouvoir préparer la rentrée prochaine. C'est le cas du jeune Saliou Mané, élève en classe de seconde. Il vient de Sédhiou. Très en sueur, une pelle à la main, il met du sable dans un sceau noir, accroché à une longue corde devant permettre aux ouvriers qui sont en haut de le récupérer. «Le travail est trop pénible. Et le soir on se retrouve qu'avec 2 000 francs. Nous venons des régions, on doit bien manger car le travail est dur et on veut en garder pour la rentrée», se lamente-t-il. 

Élève également et venant aussi de Sédhiou, Aliou Diop en classe de seconde décrit la situation: «jeûner et travailler est dur surtout avec le métier qui nécessite autant d'efforts. Mais on ne perçoit que des miettes, il faut que les patrons nous respectent plus». 

André quant à lui n'est pas élève. Il exerce en plein temps le métier de maçon. Il le fait depuis plus de 3 ans. Natif de Diourbel, il loge à Castors. Les 2 000 Francs qu'il gagne au terme d'une journée de dur labeur ne lui permettent pas d'avoir, à la fin du mois, de quoi payer le loyer, assurer le transport au quotidien, manger et faire face à d'autres besoins. C'est pourquoi des amis et lui sont «obligés de prendre une chambre à quatre et de partager le paiement à la fin du mois». 

Le jeune Ali Fall pour sa part va plus loin : «les 2 000 francs ne me suffisent pas car pour couper le jeûne, je dépense plus de 500 francs et pour le ‘kheud’ aussi c'est la même chose» soutient-il. 

Adama Aïdara KANTE (Stagiaire)

Auteur: Le Populaire
Publié le: Vendredi 05 Août 2011

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