Calendar icon
Saturday 23 May, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

IBRAHIMA NDOYE, CONSEILLER SPECIAL DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : «J’ai dépensé 3 millions pour sortir Demba Bâ de la rue»

Auteur: Faydy DRAME

image

Réponse du berger à la bergère. Vingt-quatre heures après la publication de l’article sur Demba Bâ accusant d’arnaque des intermédiaires du palais (voir Grand-Place du mardi 15 janvier, édition n° 2130), le Conseiller spécial du Président de la République sort de sa réserve pour démentir. Ibrahima Ndoye, qui nous a reçu chez lui, hier, pense que dans cette affaire Kouss n’a pas tout dit.  

Grand-Place: Le comédien Demba  Bâ, alias Kouss, est convaincu que le président Macky Sall l’a aidé, mais que les intermédiaires l’ont arnaqué. Qu’en est-il ?

Ibrahima NDOYE : Je voudrais d’abord déplorer la situation. Ce n’est pas la première fois que je mène des actions de cette nature. Mais, c’est la première fois que je suis confronté, de manière injuste, à une telle situation. Il n’y a même pas d’intermédiation entre le président Macky Sall et Demba Bâ. Je ne vais pas en faire une affaire, puisque c’en n’est pas une. Je gère quotidiennement des situations dans la plus grande discrétion. Si Demba Bâ n’avait pas investi les journaux pour en parler dans L’Observateur, personne ne serait au courant de cette assistance. Il y a beaucoup de citoyens sénégalais qui sont  assistés. Chaque fois qu’on sent la nécessité d’apporter une information au président de la République, nous le faisons.

Que s’est-il réellement passé ?

Le vendredi 30 novembre (2012, Ndlr), je devais rencontrer le président dans son bureau pour présenter mon rapport. Mais, avant  de quitter mon bureau, je suis tombé sur un article de Dakaractu. Une sorte de Sos lancé par Demba Bâ parce qu’on venait juste de le mettre à la porte, lui et sa famille. J’ai été extrêmement sensible quand j’ai lu le message. Car, je trouvais inadmissible que trois petits-enfants et leurs parents dorment à la belle étoile. J’ai tiré le texte sur ma machine pour le montrer au président. Quand il l’a lu, il était, lui aussi, très ému et m’a demandé de réunir les informations qu’il faut et de lui rendre compte. C’est après que j’ai appelé sur le numéro inscrit en bas du Sos et je suis tombé sur le demi-frère de Cheikh Yérim Seck qui s’appelle El Hadj Dame Diop. Ce dernier m’a expliqué le problème et je lui ai dit que j’allais faire quelque chose au nom du président de la République. Mais que, en attendant, il trouve un local pour la famille de Demba Bâ.

Il n’y a même pas d’intermédiaire entre le président et Demba parce que l’intermédiaire cela suppose qu’il y ait des relations. (…) Si Demba n’avait pas investi la presse pour en parler, personne n’en saurait absolument rien, car on l’avait fait dans la plus grande discrétion. C’est cela mon rôle en tant que conseiller du président de la République. C’est mon devoir d’informer le président lorsqu’il est nécessaire d’apporter un soutien à un citoyen dans le besoin. Et c’est exactement ce qui s’est passé.

La femme de Demba Bâ dit que c’est elle qui a cherché et trouvé le studio…

Ce n’est pas vrai. Dame Diop a d’abord trouvé un studio à Yoff. Lorsque je me suis rendu sur place pour voir, je n’ai pas aimé parce que c’était presque un taudis. En ce moment, il n’y avait que la femme de Demba, Dame et moi. On a fait le tour de Yoff pour chercher autre chose. Connaissant la mentalité des gens, j’ai préféré les laisser dans la voiture pour ne pas qu’on refuse de leur louer le studio qu’on vient de trouver.

Quand j’ai fini de visiter et de discuter avec la propriétaire, j’ai appelé la femme de Demba pour lui faire visiter, à son tour, le studio constitué de deux pièces, d’une cuisine et de toilettes intérieures. Elle a bien apprécié. Elle a même pleuré. Je suis retourné parler avec la propriétaire de l’immeuble à qui j’ai versé deux mois de caution et un an de location. Je lui ai donné ma carte en lui demandant de m’appeler trois mois avant la fin du contrat de bail. J’ai fait monter Demba, qui nous a retrouvés sur place, et sa famille en leur faisant savoir que c’est leur nouvelle maison.

Que s’est-il passé pour les meubles ?

Là, aussi, c’est moi qui ai remis de l’argent à Dame Diop pour qu’il achète deux lits et des matelas. Mais, Demba m’a demandé d’acheter un seul lit parce que ses enfants sont des nains et qu’ils ne peuvent pas monter sur un lit. C’est ainsi qu’on a laissé le second lit pour acheter un autre matelas.

Je précise que Demba et sa famille n’avaient emporté aucun bagage. Ils n’avaient rien sur eux. J’ai aussi donné à Dame d’acheter un téléviseur neuf, un frigo et de quoi payer la scolarité des enfants. Car, on m’a dit qu’ils ont été renvoyés de leurs écoles respectives. Il ne restait donc que le ravitaillement à assurer. J’ai dit à Dame de payer au boutiquier d’à côté cinq sacs de riz, des oignons, des pommes de terre, de l’huile, du lait en poudre et même des couches pour le bébé. Je lui ai donné 60 mille francs pour la dépense quotidienne d’un mois. Et il sera ainsi dans les cinq prochains mois.

«Des gens m’avaient mis en garde…»

À combien estimez-vous tous ces frais ?

À plus de deux à trois millions de francs Cfa. C’est Dame qui évaluait les frais. Mais, à chaque fois je déboursais. C’est vous dire que je fais tous les jours des actions allant dans ce sens au nom du président de la République. Ce n’est donc pas, ces pauvres types avec leurs mauvaises langues, qui vont m’arrêter. Lorsque l’article a été publié dans l’Observateur, des gens m’ont appelé pour me dire de ne pas trop m’enfoncer dans cette histoire avec Kouss et sa famille parce qu’ils sont de mauvaise foi. Et c’est exactement ce qui est arrivé, car on m’avait mis en garde en me disant que cette histoire finirait par ce genre d’accusations.

Est-ce que Dame a réellement engagé tous ces frais ?

Bien sûr que oui. Je n’en doute point. Dame a préféré donner l’argent à la mère. Parce que, justement, c’est cette dernière qui venait en aide à Demba. Lorsque j’ai voulu remettre de l’argent à Demba, Dame, qui le connait bien, m’en a dissuadé.

Je veux que Demba Bâ sache qu’il n’a rien à réclamer. On ne fait que les aider, ce n’est pas un droit. Je ne mérite pas ce traitement après tout ce que j’ai fait pour eux. Dame ne mérite pas non plus ce que Demba est en train de lui faire. Et j’ai appelé la femme de Demba avant-hier lundi pour le lui signifier. J’avoue que cette histoire me sert de leçon pour l’avenir. Je suis extrêmement déçu, mais ça ne me décourage pas pour autant. Car, il y a des gens qui sont dix mille fois plus dignes que Demba et sa famille.

Propos recueillis

par Faydy DRAME

Auteur: Faydy DRAME
Publié le: Mercredi 16 Janvier 2013

Commentaires (0)

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.