Plutôt que de parler de vices de procédure, Seydou Guèye, le secrétaire général du gouvernement d’Abdoul Mbaye, est d’avis que les députés du PDS, anciens ministres de leur état, ont intérêt à aller répondre «de leurs propres vices», lit-on à la "Une" du quotidien "Le Populaire" de ce mercredi 9 janvier 2013.
La cacophonie s’installe dans la République, avec l’interminable traque contre de supposés biens mal acquis. La machine judiciaire mise en branle, tout aurait dû se circonscrire dans ce cercle de Thémis. Mais que voit-on tous les jours ? Ce sont les hommes politiques, deux l’Exécutif et le Législatif en particulier, qui s’épanchent bruyamment dans la presse pour traiter du dossier. Avec l’installation d’un comité ad hoc à l’Assemblée nationale et l’audition raté de trois députés, c’est Seydou Guèye, le secrétaire général du Gouvernement, qui monte au créneau demander aux députés poursuivis, «plutôt que de parler de vices de procédure, qu’ils aillent répondre de leurs propres vices».
S’exprimant dans un large entretien (une page) avec le quotidien «Le Populaire», M. Guèye s’est prononcé sur le travail de la Cour de Répression de l’Enrichissement illicite (CREI), la demande de levée de l’immunité parlementaire de trois députés et les vices de procédure, l’affaire Alioune Aïdara Sylla, dans laquelle il affirme que «c’est encore un indice que notre pays était soumis, sur la dernière période, à une logique de gang et de partage des richesses publiques, au profit de copains et de copines».
Sur l’immolation par le feu de Cheikh Mbaye devant le Palais de la République, le porte-parole du gouvernement «ne pense pas que ce soit un signe de désespoir». De son point de vue, «il y a toujours le mimétisme qui fonctionne dans notre société». Toutefois, Seydou Guèye reconnaît qu’il faut «prendre cela comme une alerte, après avoir regretté qu’un compatriote en arrive à s’immoler».
Enfin, sur la rivalité entre les partis alliés des deux anciens Premiers ministres de Wade, "Rewmi" d’Idrissa Seck et l’APR de Macky Sall et les tentatives de débauchage de celui-ci au sein de la première, M. Guèye fait remarquer qu’en matière d’alliance, «l’APR est un partenaire loyal, mais il faut qu’on accepte un fait : dans nos traditions, il y a toujours un moment de flux et de reflux dans les partis». Mieux, souligne Seydou Guèye, «ce qu’on peut constater, de 1960 à aujourd’hui, c’est qu’il y a des flux dont bénéficie le parti présidentiel». Quand un parti est au pouvoir, dit-il, «il devient attractif et il est l’objet d’une massification» et que, souvent, «on dit que c’est de la transhumance».
Seydou Guèye de constater, d’ailleurs, que «le même mouvement qui nous vient de l’opposition, par de nouveaux militants qui veulent intégrer l’APR, ce même mouvement se constate au niveau de notre plateforme de partenaires». Comme quoi, ce n’est pas l’APR qui débauche ; ce sont plutôt les militants des autres formations, principalement de "Rewmi" qui affluent vers les prairies marrons et beiges.
SERIGNE MOUR DIOP
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