Ibrahim Coulibaly, surnommé «IB», a été abattu par les forces pro-Ouattara mercredi soir. Guillaume Soro, premier ministre et ministre de la Défense d’Alassane Ouattara, sort grand vainqueur de ce duel fratricide.
Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, lourdement armées, ont attaqué le QG du chef du «Commando invisible» mercredi matin. Selon des sources proches d’«IB», «il n’y a pas eu de réels combats, car le «Commando invisible» avait été infiltré par des ex-Forces nouvelles de Guillaume Soro. «IB» s’est alors retranché et promettait une contre-offensive.» Mais vers 20?heures, les forces de Ouattara découvraient sa cachette. Selon le porte-parole de Soro, «les FRCI ont effectué des tirs de sommation à deux reprises, auxquels il a réagi par un feu nourri. Les FRCI n’ont eu d’autre choix que de riposter et la riposte lui a été fatale.» Un ami d’«IB» déclare: «Cet endroit de repli était introuvable, s’ils sont venus ici, c’est qu’il a été trahi.»
Cette attaque survient après qu’Alassane Ouattara avait demandé à Coulibaly de désarmer sous peine d’y être contraint par la force. Pourtant, «IB» avait à de nombreuses reprises demandé audience au nouveau président, qu’il connaissait bien, puisqu’il avait été le garde du corps de sa femme et de ses enfants.
Lundi, le service de presse d’«IB» annonçait une rencontre à l’Hôtel du Golf avec Ouattara. Il avait demandé une escorte de l’ONU pour protéger cet entretien. Selon son service de presse, l’ONU avait accepté mais ses hommes et lui ont attendu en vain. Rencontré le lendemain, «IB» déclarait dépité: «L’ONU n’est pas venue parce qu’elle a compris qu’un piège m’était tendu au Golf.»
Le chef du «Commando invisible» et Guillaume Soro se vouaient une haine inextinguible depuis les trahisons dans le camp de la rébellion de 2002. Par ailleurs, «IB», revenu à Abidjan après dix?ans d’exil, avait combattu l’armée de Laurent Gbagbo dans deux quartiers d’Abidjan, reprenant ainsi pied dans la politique ivoirienne, au grand dam de Guillaume Soro.
Dans Abobo, son fief, la population est partagée. Cette commune a voté en majorité pour Ouattara, mais elle respectait aussi le chef du «Commando invisible» pour sa lutte contre Gbagbo. «Les règlements de comptes n’en finissent pas. La mort d’«IB» ne réglera rien. Comment commencer une bonne réconciliation? Il y a trop de douleur», commentait hier un habitant.
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