Le Moyen-Orient s'embrase, du Golfe au Liban
La guerre au Moyen-Orient s'aggrave et s'élargit lundi sur de multiples fronts avec de nouveaux raids américains et israéliens sur l'Iran, qui continue à viser les pays du Golfe et même le territoire de l'Union européenne à Chypre.
Au troisième jour de la guerre, chaque camp affiche sa détermination à poursuivre les hostilités et les pays du Golfe ont menacé de riposter si nécessaire à "l'agression" iranienne.
Israël a étendu ses opérations au Liban, en y menant de meurtrières frappes massives, en riposte à une attaque du mouvement chiite Hezbollah en soutien à Téhéran.
En Iran, de violentes explosions ont secoué différents quartiers de Téhéran. Des frappes ont également été signalées dans le centre et l'ouest du pays.
"Ils frappent très fort aujourd'hui. Toutes les deux-trois heures, et cela dure environ une demi-heure. Les fenêtres tremblent. Presque tout le monde cède à la peur", a déclaré à l'AFP Elnaz, une habitante de Téhéran de 39 ans.
La capitale a des airs de ville fantôme déserté par nombre de ses habitants. Seuls signes d'activité, les clients faisant des provisions dans les rares commerces ouverts et les automobilistes patientant devant les stations-services.
Dans certains quartiers "où il y a eu des frappes, les gens ont forcément peur (...) Mais nous, nous essayons de nous retrouver le soir pour jouer aux cartes, boire du vin", affirme Nastaran, 33 ans. Mais "nos mères ont peur".
Au Liban, le gouvernement libanais a vivement réagi à l'entrée en action du Hezbollah contre Israël, qui risque de provoquer une nouvelle guerre meurtrière après celle de 2023-2024.
Il a proclamé "l'interdiction immédiate" de toutes les activités militaires de la milice chiite.
En réaction le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad a dénoncé "les fanfaronnades du gouvernement", "alors que les Libanais attendaient une décision refusant l’agression" d'Israël.
L'armée israélienne a affirmé lundi soir que "toutes les options étaient sur la table", interrogée sur la possibilité d'une attaque au sol contre le Hezbollah.
La République islamique a continué à lancer des missiles et drones en direction d'Israël, qui a prolongé la fermeture des écoles, des bureaux et l'interdiction des rassemblements jusqu'à samedi. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.
Selon les Gardiens de la Révolution, l'Iran a "attaqué 60 cibles stratégiques et 500 cibles militaires" américaines et israélienne depuis samedi, dont les bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Les Gardiens - armée idéologique de la République islamique - ont revendiqué l'attaque d'un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans le détroit d'Ormuz, et de nouveau visé les riches pays du Golfe, qui abritent plusieurs bases militaires américaines.
Mais "la riposte défensive de l'Iran contre les bases militaires américaines (...) ne devrait pas être considérée comme une attaque iranienne contre ces pays", a soutenu son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi.
Le Qatar a pourtant abattu deux bombardiers en provenance d'Iran - une première depuis le début de la guerre - après des attaques de drones sur des sites de sa compagnie QatarEnergy, qui a suspendu sa production de gaz naturel liquéfié (GNL).
Le Koweit a été parmi les plus touchés. Une épaisse fumée noire s'est élevée dans la matinée au-dessus de l'ambassade américaine et d'une centrale électrique dans le nord.
A Abou Dhabi, un incendie s'est déclaré sur un site de stockage de carburant visé par un drone.
Des journalistes de l'AFP ont également constaté des explosions en Arabie Saoudite, à Bahreïn et aux Emirats arabes unis, où l'aéroport de Dubaï a suspendu tous ses vols.
"On attend de pouvoir partir et surtout, on attend d'avoir des informations", a témoigné auprès de l'AFP Raphaëlle, Française de 37 ans, confinée dans son hôtel.
A Chypre, le pays de l'UE le plus proche du Moyen-Orient, une base britannique a été visée par trois drones tirés du Liban, dont l'un a touché une piste, entraînant des évacuations dans le sud de l'île.
Londres avait annoncé dimanche autoriser les Etats-Unis à utiliser ses bases britanniques dans la guerre contre l'Iran, dans un objectif "défensif".
Face à l'extension d'un conflit protéiforme, l'inquiétude a gagné les marchés financiers, faisant grimper les cours des hydrocarbures et du dollar. Les Bourses internationales affichent des pertes conséquentes pour leur premier jour d'ouverture depuis le début des hostilité, sans toutefois céder à la panique.
Malgré la mort de nombreux responsables iraniens, dont celle du guide suprême Ali Khamenei, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a affirmé que son pays se battrait "quel que soit le prix", pour "défendre farouchement" sa "civilisation vieille de 6.000 ans".
"L'Iran, contrairement aux Etats-Unis, s'est préparé à une longue guerre", a-t-il lancé, rejetant toute négociation avec Washington.
Ce sont de "nombreux jours" de guerre qui s'annoncent, a averti de son côté Israël. Donald Trump mise lui sur "quatre à cinq semaines", tout en assurant que les Etats-Unis peuvent "aller bien au-delà".
Le président américain a également affirmé qu'il n'hésiterait pas à envoyer des troupes au sol "si nécessaire".
Après l'annonce de la mort d'Ali Khamenei, qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans, le gouvernement iranien a appelé la population à se rassembler lundi soir à travers Téhéran, pour lui rendre hommage.
Des rassemblements se sont tenus dans différentes villes du pays, selon des images de la télévision iranienne.
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