Bissau: les principaux opposants libérés, Pereira en résidence surveillée
L'opposant bissau-guinéen Fernando Dias, réfugié dans une ambassade depuis le coup d'État de fin novembre dans son pays, a retrouvé la liberté dans la nuit de vendredi à samedi, tandis que l'opposant Domingos Simoes Pereira, également libéré, a ensuite été placé en résidence surveillée, a-t-on appris samedi auprès des autorités.
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre - veille de l'annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives - par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
Fernando Dias était le principal adversaire du président Embalo à la présidentielle du 23 novembre.
Le 27 novembre, il avait affirmé à l'AFP avoir remporté la présidentielle et accusé M. Embalo d'avoir "organisé" le putsch ayant porté les militaires au pouvoir.
M. Dias avait indiqué avoir pu s'échapper le jour du putsch, le 26 novembre, quand des hommes armés étaient arrivés à son siège de campagne à Bissau pour l'arrêter. Il avait ensuite trouvé refuge à l'ambassade du Nigeria, qui lui avait accordé l'asile.
Dans la nuit de vendredi à samedi, Fernando Dias et l'ancien Premier ministre Geraldo Martins ont été libérés, a confirmé samedi à l'AFP Gabriel Yé, chargé de communication du candidat Dias à la présidentielle.
"Il a été libéré hier tard dans la soirée. Il n'est pas en résidence surveillée", a déclaré M. Yé. "Les seules restrictions qui lui ont été imposées par les autorités militaires sont de s'abstenir
de déclarations publiques ou de faire des activités politiques", a-t-il cependant souligné.
De son côté, l'important chef de l'opposition Domingos Simoes Pereira, libéré vendredi soir d'une prison de Bissau, est le seul des opposants arrêtés après le coup d'État à être maintenu en résidence surveillée.
"Tous les détenus dans le cadre du coup d'État ont été libérés", a confirmé à l'AFP le responsable de la communication de l'état-major de l'armée bissau-guinéenne, le commandant Jorgito Biague.
"Domingos Simoes Pereira est le seul qui soit en résidence surveillée pour des raisons de délits économiques. Son cas est entre les mains de la justice et non du haut commandement militaire", a-t-il indiqué.
Vendredi soir, il a été escorté jusqu'à sa résidence, dans la périphérie est de la capitale, où il a été accueilli chaleureusement par ses partisans.
Farouche opposant au président Embalo, M. Pereira est le leader du PAIGC, parti historique ayant mené le pays à l'indépendance en 1974. Il avait été écarté de la présidentielle pour avoir déposé son dossier de candidature trop tardivement. Il avait ensuite soutenu Fernando Dias.
La Guinée-Bissau, pays lusophone côtier d'Afrique de l'Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), avait, avant le coup d'État du 26 novembre dernier, déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal.
Dans un communiqué daté de vendredi, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a "salué" les mesures prises récemment par les autorités de la transition visant, selon elle, à "favoriser un environnement politique inclusif et à faire progresser le retour du pays à l’ordre constitutionnel".
Elle appelle également à "la libération complète" de M. Pereira et à la "garantie des droits et libertés fondamentaux pour tous les citoyens".
L'organisation exhorte en outre "toutes les parties prenantes à collaborer en vue d’une transition pacifique et crédible menant à des élections démocratiques".
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