Mali: les affrontements avec les jihadistes et les rebelles depuis 2012
Voici les moments marquants de la situation sécuritaire au Mali depuis 2012, après les attaques coordonnées menées ce week-end par des jihadistes et la rébellion touareg contre la junte militaire au pouvoir, notamment à Kidal, Kati et Gao.
Depuis son indépendance de la France en 1960, le Mali a connu plusieurs rébellions des Touareg, peuple nomade du Sahara d'origine berbère entré en révolte contre la domination des populations sédentaires noires du Sud.
En mars 2012, des militaires renversent le président Amadou Toumani Touré, l'accusant d'"incompétence" dans la lutte contre la rébellion touareg séparatiste et les groupes islamistes dans le Nord.
La rébellion et les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s'emparent des grandes localités du Nord. Les rebelles touareg en sont ensuite évincés par les jihadistes.
Les jihadistes sont partiellement chassés par l'opération militaire "Serval" lancée par la France en 2013, remplacée en 2014 par l'opération antijihadiste au Sahel "Barkhane", toujours sous l'égide de la France. L'armée française s'installe au Mali pour près d'une décennie.
La Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) est également mise en place, prenant le relais de la Misma (force panafricaine).
Le 11 août 2013, Ibrahim Boubacar Keïta, dit "IBK", est élu président.
Un accord de paix est signé en 2015 entre le gouvernement et les groupes indépendantistes du Nord.
Mais le pays reste en proie aux violences des groupes jihadistes, auxquelles se mêlent des heurts intercommunautaires.
"IBK", réélu en 2018, est renversé par un putsch militaire le 18 août 2020. Un président de transition est nommé, renversé à son tour lors d'un second coup putsch le 24 mai 2021. Le général Assimi Goïta devient président de la junte et enterrera progressivement ses promesses de transition démocratique.
La junte pousse la France à retirer ses troupes en 2022, de même que la mission de l'ONU, tandis que le Mali s'assure les services du groupe paramilitaire russe Wagner.
Après huit ans d'accalmie, les hostilités reprennent dans le Nord en août 2023 entre les groupes armés à dominante touareg et l'armée. Les séparatistes lancent notamment en septembre une offensive dans la ville garnison de Bourem, que l'armée dit avoir repoussée. Les deux camps font état de dizaines de morts.
Ce regain d'activité des séparatistes touareg va de pair avec une succession d'attaques attribuées surtout au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
L'offensive de l'armée, appuyée par des combattants de Wagner (remplacé depuis par Africa Corps), culmine en novembre 2023 par la prise de Kidal, mettant fin à plus d'une décennie de contrôle de la ville par des groupes rebelles.
En janvier 2024, la junte annonce la "fin avec effet immédiat" de l'accord de paix signé en 2015.
En juillet 2024, l'armée malienne et ses alliés russes subissent leur plus gros revers depuis des années, encaissant de lourdes pertes après des combats contre les rebelles séparatistes à Tinzaouatene (nord), et une attaque des jihadistes.
En septembre, le JNIM revendique une double attaque d'une rare ampleur contre l'aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l'école de gendarmerie, qui fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.
Le Niger, le Burkina Faso et le Mali, tous dirigés par des militaires et réunis au sein d'une confédération, l'Alliance des États du Sahel (AES), annoncent début 2025 la formation d'une force unifiée de 5.000 hommes contre les "groupes terroristes".
A partir de septembre 2025, les jihadistes du JNIM mènent une stratégie d'étranglement de l'économie du Mali, en imposant des blocus sur plusieurs localités et sur les convois de carburant.
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