Maroc: le Premier ministre ne briguera pas un deuxième mandat
Le Premier ministre marocain, Aziz Akhannouch, a confirmé samedi qu'il ne se représentait pas à la présidence de son parti, une décision qui exclut de fait sa reconduction à la tête du gouvernement après les élections législatives prévues à l'automne.
Il s'exprimait lors du congrès de son parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI), à El Jadida, une ville côtière marocaine située à 190 kilomètres au sud de Rabat.
"Aujourd'hui, je confirme devant vous que la décision de ne pas briguer un troisième mandat (à la tête du parti) était sérieuse et profondément réfléchie", a déclaré M. Akhannouch, indiquant vouloir respecter la règle interne du RNI limitant à deux le nombre de mandats successifs à sa présidence.
Plus tard samedi, c'est Mohamed Chaouki, un député peu connu du grand public, PDG de la société financière marocaine AD Capital selon Média24, qui a été élu pour succéder à M. Akhannouch à la tête du RNI.
Le Maroc est une monarchie constitutionnelle dans laquelle le gouvernement dispose de larges pouvoirs, mais c'est le roi Mohammed VI qui conserve l'initiative et définit les grandes orientations stratégiques du pays.
Le roi nomme aussi traditionnellement au poste de Premier ministre le dirigeant du parti arrivé en tête des élections législatives, dont le prochain scrutin est prévu fin septembre.
A la tête du gouvernement depuis 2021, Aziz Akhannouch, riche homme d'affaires de 64 ans, avait été la cible d'appels à la démission du collectif GenZ 212, qui a mobilisé des centaines de jeunes entre fin septembre et octobre pour réclamer une amélioration des services publics de santé et d'éducation. L'exécutif avait annoncé un "effort budgétaire" pour 2026, notamment dans ces secteurs.
M. Akhannouch défend un bilan de chef du gouvernement qu'il estime positif, mettant en avant la relance économique post-Covid-19, le déploiement de programmes sociaux dont l'élargissement de la couverture médicale et des aides directes aux ménages modestes, ainsi qu'un taux de croissance soutenu malgré une longue période de sécheresse.
Son mandat a été accompagné de critiques sur des affaires de conflits d'intérêts liées à ses activités dans le secteur des hydrocarbures -il est propriétaire d'Afriquia, l'un des principaux réseaux de stations-service du pays-, ainsi que sur une communication jugée limitée avec l'opinion publique.
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