Ouganda : le candidat de l’opposition emmené de force par l’armée au lendemain de la présidentielle
Au lendemain d’une présidentielle marquée par de graves violences en Ouganda, le principal opposant Bobi Wine a été enlevé de force par l’armée depuis son domicile, selon son parti. Alors que le président sortant Yoweri Museveni s’achemine vers un septième mandat, l’opposition dénonce une répression sanglante ayant fait des dizaines de victimes.
Bobi Wine arrive avec son épouse, Barbie Itungo Kyagulanyi, à un bureau de vote du commissariat de police de Freedom Square, sous les acclamations de ses partisans, lors des élections générales ougandaises du 15 janvier 2026, dans le village de Magere, district de Wakiso, à Kampala, en Ouganda.
Le chef de l’opposition ougandaise et candidat à la présidentielle, Bobi Wine, a été emmené de force de son domicile par un hélicoptère de l’armée, a annoncé son parti vendredi soir le 16 janvier, au lendemain d’élections entachées de violences.
« Un hélicoptère de l’armée a atterri » dans la résidence de Bobi Wine « et l’a emmené de force vers une destination inconnue », a déclaré vendredi soir son parti, la Plateforme d’unité nationale (NUP), sur X. Les gardes du corps de M. Wine ont été « violemment agressés » au cours de l’incident, a ajouté la NUP.
Au moins 10 personnes sont mortes jeudi lors de ces élections présidentielle et législatives entachées de violences, selon l’opposition. De nombreux observateurs voient dans la présidentielle une formalité pour Yoweri Museveni, ex-guérillero âgé de 81 ans, qui vise un septième mandat consécutif en s’appuyant sur un contrôle total de l’appareil électoral et sécuritaire.
Près de 74 % des voix pour Museveni
Après le dépouillement des urnes dans près de 81 % des bureaux de vote, M. Museveni est crédité de 73,7 % des suffrages, contre 22,7 % pour Bobi Wine - de son vrai nom Robert Kyagulanyi -, selon les derniers chiffres de la commission électorale. Les résultats sont attendus d’ici samedi 16H00 (13H00 GMT).
Bobi Wine s’est imposé ces dernières années comme le principal rival de M. Museveni, qui est au pouvoir depuis maintenant quarante ans. Il se surnomme le « président du ghetto », en référence aux quartiers défavorisés de Kampala où il a grandi.
L’ex-chanteur de raggamuffin de 43 ans, qui a connu détention et torture lors des précédentes élections en 2021, était assigné à résidence depuis jeudi soir, selon la NUP. « Ce n’est pas de la force. Ils agissent ainsi par peur des personnes qu’ils ont offensées en commettant tant d’atrocités à leur encontre », avait critiqué M. Wine dans la journée sur X, se disant toujours assiégé par les forces de sécurité.
Le porte-parole de la police ougandaise Kituuma Rusoke avait ensuite assuré que l’opposant n’était « pas assigné à résidence » et que des policiers assuraient « simplement sa sécurité », selon la chaîne privée NBS.
Des journalistes de l’AFP s’étaient rendus vendredi matin près de la maison de Bobi Wine, calme en apparence, où ils ont constaté la présence d’un véhicule de la police et de quelques policiers. Avant les élections, les autorités avaient coupé internet, qui n’était pas rétabli vendredi.
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