Saint-Louis : L’ANAM mobilise pour un projet intégré pour stabiliser la brèche
À Saint-Louis, la lutte contre l’avancée inquiétante de la brèche de la Langue de Barbarie franchit une nouvelle étape. Réunis ce mercredi 25 mars, les acteurs institutionnels, techniques et communautaires ont été mobilisés par l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM) autour d’une stratégie globale visant à contenir durablement ce phénomène.
Cet atelier d’information et de sensibilisation s’inscrit dans un contexte marqué par une dégradation accélérée de la brèche. Les dernières observations de l’ANAM font état de risques de rupture en plusieurs points et d’une instabilité croissante du chenal, accentuant les menaces sur les populations et les activités économiques.
Face à cette situation, les échanges ont porté sur un ambitieux projet intégré. Celui-ci prévoit notamment des opérations de dragage et d’aménagement des voies navigables, la construction d’un port de pêche moderne ainsi que la mise en place d’un centre de formation dédié aux métiers de l’économie bleue.
Ce programme bénéficie déjà d’un appui international, avec l’engagement du Royaume des Pays-Bas aux côtés de l’ANAM pour accompagner la recherche de solutions durables. L’objectif de la rencontre était ainsi de renforcer l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes, en mettant en avant les retombées attendues en matière de sécurité maritime, de développement socio-économique et de renforcement des compétences locales.
Dans cette dynamique, un protocole d’accord a été signé entre l’ANAM, l’Agence de développement municipal (ADM), la Société nationale de gestion et d’exploitation des infrastructures maritimes (SOSENAV) et le Bureau opérationnel de coordination et de suivi des projets et programmes (BOCS). Il vise à conduire des études approfondies pour stabiliser la brèche et prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.
Le directeur général de l’ANAM, Bécaye Diop, a insisté sur la nécessité de passer à l’action après de nombreuses études restées sans suite. Il annonce un démarrage imminent des travaux, avec l’ambition de concrétiser des réalisations à court et moyen termes, à l’horizon 2030.
L’initiative devrait également s’élargir à d’autres partenaires, notamment l’Union européenne, afin de consolider les bases d’un projet viable et pérenne.
De son côté, le directeur général de l’ADM, Mahmoud Diop, a salué l’approche intégrée portée par le BOCS. Selon lui, seule une intervention globale permettra de répondre efficacement aux enjeux environnementaux et socio-économiques. Il met en garde contre les conséquences dramatiques de l’inaction, rappelant que des études prévoient l’engloutissement d’une partie de la ville si aucune mesure n’est prise contre l’érosion côtière.
Chargé de la coordination stratégique, le BOCS appelle à une synergie renforcée entre les différents acteurs. Son directeur général, Birome Holo Ba, souligne que le dossier est suivi au plus haut niveau de l’État, notamment par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre. Il promet un accompagnement méthodologique et opérationnel pour garantir la cohérence et l’efficacité des interventions.
Présidant la rencontre, l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Sidy Guissé Diongue, a pour sa part insisté sur le caractère structurant de ce projet. Au-delà de la réponse à l’urgence environnementale, il y voit un levier de relance économique pour toute la région de Saint-Louis.
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