Tentative de putsch en Guinée-Bissau : 6 ans de prison requis contre le contre-amiral Bubo Na Tchuto
Le parquet du tribunal militaire a requis une peine de six ans de prison contre le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto pour son implication présumée dans la tentative de coup d'État survenue le 1er février 2022. Cette réquisition intervient à l'issue d'un procès marathon, selon le journal O Democrata. Cependant, la défense plaide l'acquittement dans cette affaire qui fait grand bruit dans la capitale, Bissau.
Selon O Democrata, l'accusation a démontré la présence du contre-amiral à la caserne de la Marine nationale le jour des événements. Bubo Na Tchuto aurait demandé l'ouverture du dépôt d'armes au moment même où se déroulait l'attaque du palais du gouvernement, où se trouvait alors le président de la République, Umaro Sissoco Embaló, relève le journal en citant le tribunal militaire. Ainsi, le parquet a requis six ans de prison contre José Américo Bubo Na Tchuto.
La défense plaide l’acquittement total
La défense du contre-amiral, représentée par l'avocat Marcelino Intupe, a rejeté la demande du parquet militaire, arguant que les accusations manquaient de preuves, et a sollicité l'acquittement de son client. Me Intupe s'est adressé aux journalistes à sa sortie de l'audience finale d'un processus qui avait débuté peu après les faits de février 2022. Cette audience a duré environ cinq mois, rappelle O Democrata.
D’après le journal, l'avocat a déclaré que le parquet a agi de manière contradictoire, estimant que la loi ne permettait pas à cet organe de présenter des conclusions finales, puisqu'il n'était pas l'auteur des enquêtes, une compétence qui, selon lui, appartient exclusivement au ministère public. « Il appartient exclusivement au ministère public d'étayer les accusations, si la procédure suit son cours normal », a déclaré la robe noire.
L’avocat souligne que le Code de justice militaire, en son article 117, paragraphe g), stipule que seule l'entité ayant mené l'enquête peut étayer l'accusation. « Une accusation ne peut être tenue sans enquête préalable », a-t-il affirmé. « Nous avons donc soulevé des questions préliminaires et contesté les intentions du parquet, démontrant ainsi qu'il violait la loi. Le parquet joue sur les apparences en exigeant six ans d'emprisonnement ferme. Il est probable qu'il se soit inspiré d'éléments d'une autre affaire », a-t-il souligné.
Me Marcelino Intupe a également déclaré qu'il existait des contradictions dans les témoignages et un manque de preuves cohérentes. Il a ajouté que la personne mentionnée lors de la procédure comme ayant été chargée par Bubo Na Tchuto d'ouvrir le dépôt d'armes n'était pas celle qui détenait les clés.
Selon Me Intupe, l'accusation a fondé toute son argumentation sur la seule version du chef d'état-major adjoint, sans preuves suffisantes. « Il a affirmé que Bubo Na Tchuto était escorté par un homme armé, mais le chef d'état-major de la Marine a déclaré que cet homme ne portait aucune arme », a-t-il relevé. L'avocat a conclu qu'il ne voyait aucun fondement juridique pour condamner son client et a garanti qu'il ferait appel si la demande du procureur était acceptée.
La décision définitive du Tribunal militaire supérieur devrait être rendue dans un délai de 30 jours. La défense soutient, quant à elle, que le jugement devrait être prononcé sous 15 jours, « conformément aux dispositions légales », révèle le journal O Democrata.
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