Touba, la Ville Sainte Négligée : Entre Potentiel et Défis (Par Serigne Cheikhouna Mbacké Lakrame)
Touba, deuxième agglomération urbaine du Sénégal, reste un symbole spirituel majeur, mais illustre également les lacunes persistantes des infrastructures urbaines dans le pays. Assainissement défaillant, voirie dégradée, sécurité précaire et problèmes de salubrité constituent le talon d’Achille de la ville sainte.
Des quartiers tels que Guédé, Keur Niang, Nguelemou, Nguiranène et Gouye Ziar sont régulièrement submergés par des eaux stagnantes et insalubres, compromettant la santé publique. Le projet de drainage de 15 milliards FCFA, bien que salué, demeure insuffisant face à l’urbanisation rapide et aux besoins croissants des habitants.
La majorité des routes à Touba demeure non asphaltée ou en mauvais état, souvent dépourvue de systèmes de drainage. L’accès à l’eau potable, la gestion des déchets et l’absence de planification urbaine aggravent les conditions de vie. Les autorités municipales, malgré leur engagement, nécessitent l’accompagnement et le soutien de l’État central pour relever ces défis.
Touba a cependant un potentiel économique considérable avec une activité commerciale intense dont les banques ont saisi l’opportunité en y implantant succursales et agences. Le pèlerinage annuel génère à lui seul 215 milliards FCFA, et pourrait atteindre jusqu’à 1500 milliards si le modèle touristique de la Oumra, du Hadj ou du pèlerinage au Vatican y est appliqué (Oumra et Hadj génèrent 171 milliards de dollars par an, deuxième ressource de l’Arabie Saoudite après le pétrole, le Vatican encaisse 150 millions d’Euros par an).
Ainsi, avec une organisation rigoureuse du tourisme religieux, Touba pourrait devenir une véritable puissance économique et contribuer significativement au développement national.
Par ailleurs sous l’autorité et le leadership religieux de Serigne Mountakha Bachir Mbacké, Touba a enregistré des avancées majeures :la rénovation de la Grande Mosquée, épicentre spirituel et culturel, avec des investissements colossaux, le financement d’une université à 37 milliards FCFA, ouverte aux étudiants sénégalais et étrangers, renforçant le maillage éducatif et scientifique, la consolidation des valeurs de paix, de solidarité et de cohésion sociale dans le pays et au-delà.
Cependant nous lançons un appel à l’État pour que Touba atteigne son plein potentiel. Ainsi il est impératif que le gouvernement central soutienne le développement des infrastructures et la modernisation urbaine, accompagne la planification et l’aménagement de la ville, valorise et organise le tourisme religieux pour en maximiser l’impact économique. Les populations de Touba, pleinement sénégalaises, méritent que leur cité soit traitée avec la considération et les moyens nécessaires pour rivaliser avec Qom, Najaf, La Mecque ou le Vatican.
Touba demeure aujourd’hui une ville sous-exploitée, malgré son dynamisme économique et spirituel. Une coopération étroite entre l’autorité religieuse et l’État central permettrait de transformer la ville sainte en modèle de développement urbain, éducatif et économique pour l’Afrique, tout en consolidant son rayonnement spirituel mondial.
Commentaires (11)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.