[Focus] Neurologie : 75 spécialistes pour 18 millions d'habitants, le cri d'alarme des experts (1/2)
Le Sénégal fait face à un défi sanitaire majeur : l’explosion des pathologies du cerveau. Alors que les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les méningites et l’épilepsie progressent de manière inquiétante, le pays souffre d’un déficit criant de spécialistes. Selon le professeur Maouli Fall, président du comité d’organisation des journées de l’Association sénégalaise de neurologie, le ratio est alarmant : « Le Sénégal compte environ 75 neurologues pour près de 18 millions d’habitants, un chiffre encore largement insuffisant pour couvrir l'ensemble du territoire. »
Une pression hospitalière insoutenable
Les maladies neurologiques saturent désormais les structures hospitalières. Les AVC, en particulier, représentent aujourd'hui près des deux tiers des hospitalisations dans les grands services spécialisés, notamment à Dakar. Plus préoccupant encore, ils sont responsables d’environ un tiers des décès enregistrés dans ces services. Cette situation illustre non seulement l’ampleur du problème de santé publique, mais aussi la pression exercée sur des spécialistes débordés par l'urgence.
Le facteur temps : entre vie, handicap et décès
Le manque de neurologues entraîne des retards de diagnostic souvent fatals. En neurologie, la rapidité d’intervention est le facteur déterminant. Pour un AVC, le traitement efficace doit idéalement être administré dans un délai inférieur à 4 heures 30 minutes après les premiers symptômes. Faute de spécialistes ou d'infrastructures à proximité, de nombreux patients arrivent trop tard, s'exposant à des séquelles irréversibles ou à la mort.
Des déserts médicaux neurologiques
Le déficit de spécialistes accentue les disparités territoriales. La grande majorité des neurologues exerce dans la capitale, laissant les populations des zones rurales dans un dénuement médical préoccupant. Cette concentration urbaine oblige les familles à parcourir de longues distances, augmentant les coûts de prise en charge et retardant des soins pourtant vitaux.
Prévention et formation : les deux piliers du changement
Face à cette crise, des leviers d'action existent. Le renforcement de la formation universitaire devrait permettre d’augmenter progressivement le nombre de praticiens dans les années à venir. Cependant, les experts insistent sur l'urgence de la prévention. L’adoption d’un mode de vie sain et la lutte contre l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité restent les armes les plus efficaces pour réduire l’incidence de ces maladies.
La prise en charge des maladies du cerveau est devenue un enjeu de souveraineté sanitaire. Entre l'augmentation des cas et le coût élevé des traitements, le renforcement des ressources humaines et des infrastructures est une priorité absolue pour garantir un accès équitable aux soins et freiner la mortalité liée aux pathologies du système nerveux.
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