Ce sont des syndicalistes très en colère qui ont organisé un sit-in ce matin devant le rectorat de l’université de Thiès. Membres du Saes, étudiants et personnels administratifs de l’université ont listé les maux de leur établissement, qui selon eux, n’existe pas.
Plus d’une centaine de millions de FCfa pour la location de 19 bâtiments
La manifestation initialement prévue ce jeudi matin devant la mairie de Thiès a été finalement interdite par le préfet qui évoque «des risques graves de troubles à l’ordre public».
Ce qu’ont dénoncé vigoureusement, tour à tour, les différents orateurs qui ont étalé leurs griefs et réclamé un campus social et un campus pédagogique, pour que l’université de Thiès soit identifiable physiquement. Répartie sur 7 sites différents, l’université de Thiès paie plus d’une centaine de millions par an pour la location de 19 bâtiments pour ses services, ce que dénoncent les syndicalistes. «On nous a toujours parlé de l’Auberge des jeunes, de l’Hôtel du Rail, du Palais des Congrès. Si ce n’était qu’une réfection, les travaux auraient été bouclés depuis. Jusqu’ici il n’y a pas de pause de première de pierre», a fustigé Mamadou Babacar Ndiaye, membre du Saes et coordonnateur du campus de Thiès.
«Contrairement à Bambey et Ziguinchor, l’université n’a pas de nom. Peut-être qu’on voudrait le rattacher à Diamniadio. Personne ne peut situer l’université de Thiès, qui n’existe pas», renchérit une dame, convaincue que l’université de Thiès n’est pas mieux lotie qu’une université virtuelle. «Comment l’Etat peut-il se permettre de construire d’autres universités dans les alentours de Thiès, alors qu’aucune infrastructure n’existe ici ? Nous sommes et nous resterons engagés avec l’ensemble du personnel de l’université de Thiès pour obtenir gain de cause», martèle un étudiant de l’Ufr Santé, regrettant que «c’est la seule université qui n’a pas de parrain, qui n’a pas de nom».
Le Saes pour l’adoption sans délais de textes réglementaires pour l’université
L’université de Thiès est «oubliée volontairement dans le programme de construction d’infrastructures universitaires. Elle manque de tout et doit être rééquipée», révèle un document sur l’état des lieux de l’université, établi par la communauté universitaire qui exige «un plan d’urgence» pour sauver ses 3500 étudiants. Non sans réclamer une dotation de 10 milliards par an pendant 6 ans pour construire et équiper les Ufr, Ecoles et Instituts; la finalisation de l’intégration des agents de l’Encr et de l’Ensa, l’adoption sans délais de textes réglementaires pour l’université, entre autres points de revendication. «L’université de Thiès est née après l’Ucad et l’Ugb, mais les universités créées récemment l’ont dépassée. C’est toute la population de Thiès qui doit se lever et faire face à l’Etat pour exiger la construction de l’université.
Nous réclamons des bâtiments neufs pour les enseignants et les étudiants (...). Un bébé né il y a sept ans, qui ne sait pas marcher, ça pose problème», ont dénoncé les camarades de Mamadou Babacar Ndiaye du Saes et Saliou Thiam membre du Personnel administratif et de service (Pats) qui faisaient allusion à l'université du Sine-Saloum, et à l'Isep de Thiès, privilégiés au détriment de l'université publique, selon eux.
«Les projets de l’Etat sont réels»
Au micro de Seneweb, le recteur Matar Mour Seck d’admettre qu’il y a des difficultés liées à la livraison de certaines infrastructures universitaires. «C’est clair qu’il n’y a pas assez d’infrastructures. S’il y en avait assez, il n’y aurait pas eu ce projet d’élargissement et d’agrandissement de l’université de Thiès. C’est parce qu’il y a cette insuffisance, que l’Etat a prévu 7 milliards environ pour construire des Ufr, notamment l’Ufr Set, l’Ufr SI et l’Ufr Santé. Les travaux devront commencer sous peu, le marché a été trouvé, l’entrepreneur choisi, il reste les procédures administratives pour la signature du contrat pour que les travaux puissent démarrer». A noter que des bâtiments mis à la disposition de l’université, par la mairie de Thiès, vont être livrés, comme l’Hôtel du Rail, dont la réception était prévue ce jeudi. Pour le reste, «Les travaux sont en très bonne voie, nous sommes en phase de finition. Cela fait un moment que nous attendons et je peux comprendre leur impatience. Mais en réalité, les projets de l’Etat sont réels et je peux vous les énumérer pour qu’on voie ce qui est prévue pour l’université de Thiès», a rassuré le recteur Matar Mour Seck. Syndicalistes, étudiants et Pats ont promis de se retrouver mercredi prochain, pour une nouvelle manifestation. Momar Mbaye Revoir un extrait du point de presse
Auteur: seneweb News Publié le: Mercredi 29 Avril 2015
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