Bâtir un enseignement privé de qualité, inclusif et performant : Le Ministère de l'Education engage la réflexion
Un symposium national sur l’enseignement privé au Sénégal s’est ouvert ce lundi 4 mai 2026, à Dakar, sous le thème « Construire un cadre stratégique durable et promouvoir une éducation accessible à tous, sans aucune discrimination ». Organisé par le Ministère de l’Education nationale du Sénégal, cette rencontre de deux jours (4 et 5 mai) vise à bâtir un cadre stratégique durable pour un enseignement privé sénégalais de qualité, inclusif, performant et résilient pleinement intégrer aux ambitions de l’Agenda national de transformation « Vision Sénégal 2050 » ainsi qu’aux orientations de la Loi d’orientation et de Lettre de politique sectorielle de développement (LPSD). La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre Moustapha Mamba Guirassy, en présence de Monseigneur André Guèye, archevêque de Dakar et invité d’honneur du symposium ; du président de la fédération de l'éducation et de la formation, Mamadou Cissé ; du représentant du G7, Hamidou Diédhiou ; du président de l’Association des parents d’élèves du privé du Sénégal ; du représentant des syndicats d’enseignement du privé du Sénégal ; du représentant des gouvernements scolaires de l’enseignement privé au Sénégal ; entre autres.
Objectif : « renforcer l’impact du secteur privé dans le système éducatif sénégalais et soutenir sa contribution à la réalisation des objectifs ambitieux fixés par l’agenda national de transformation »
La croissance démographique, l’essor rapide du numérique dans l’éducation et les exigences de qualité imposent une réflexion collective et approfondie sur l’enseignement privé au Sénégal. C’est dans cette perspective que ce symposium a été initié par le Ministère de l’Education nationale. La rencontre, qui a pour but de renforcer l’impact du secteur privé dans le système éducatif sénégalais et soutenir sa contribution à la réalisation des objectifs ambitieux fixés par l’agenda national de transformation, a regroupé l’ensemble des parties prenantes autour d’un dialogue inclusif et constructif.
Ainsi, durant ces deux jours, les travaux seront articulés autour de sessions plénières et ateliers thématiques en vue de dresser un diagnostic partagé sur l’enseignement privé, formuler des recommandations concrètes pour améliorer la qualité, la régulation et l’accessibilité de l’offre éducative, et proposer des solutions durables pour renforcer la viabilité et la contribution stratégique de l’enseignement privé dans le système éducatif national.
« Quelle école voulons-nous pour le Sénégal qui vient » ?
Selon le ministre de l’Education nationale, le thème de ce symposium place les acteurs au cœur d’un enjeu majeur : organiser la contribution de toutes les composantes de notre système éducatif à une ambition nationale commune. « Il ne s’agit pas seulement de réfléchir sur la place de l’enseignement privé comme secteur particulier. Il s’agit de nous demander comment l’enseignement privé, dans sa diversité, peut contribuer à une éducation de qualité, équitable, inclusive et pleinement alignée sur les priorités nationales », a souligné Moustapha Mamba Guirassy.
Il ajoute : « Mais au-delà du thème lui-même qui porte sur le sous secteur du privé, c’est une interrogation beaucoup plus profonde qui nous rassemble : quelle école voulons-nous pour le Sénégal qui vient ? Car derrière les débats sur les programmes, les établissements, les infrastructures, les examens ou les statuts, une question centrale demeure : notre système éducatif prépare-t-il suffisamment les générations futures aux transformations du monde contemporain et aux ambitions du Sénégal de demain ? Voilà la véritable question historique ».
Face à cette interrogation, l’autorité étatique estime que les participants de la rencontre doivent répondre avec « lucidité, responsabilité et ambition ».
Le ministre soutient que malgré sa contribution notable, l’enseignement privé sénégalais fait face à plusieurs défis. Car, ajoute-t-il, « toutes les réalités privées ne disposent pas des mêmes moyens, des mêmes capacités ni du même niveau de structuration. Il s’agit notamment d’une carte scolaire non maîtrisée, un encadrement pédagogique et réglementaire insuffisant, des disparités persistantes dans l’accès, une reconnaissance institutionnelle limitée, des interrogations sur la qualité des apprentissages, ainsi que des contraintes économiques affectant la viabilité de nombreuses structures.
S’y ajoutent des écarts importants de qualité ; des disparités territoriales ; des problèmes d’équipements ; des difficultés de gouvernance dans certaines structures ; des tensions autour des coûts ; des inégalités d’encadrement ; parfois une faible professionnalisation ; et dans certains cas une logique de rentabilité qui peut entrer en tension avec les finalités éducatives.
L’initiative magnifiée par l’église
Venu prendre part à la rencontre en tant qu’invité d’honneur, Monseigneur André Guèye a magnifié la tenue de cette rencontre qui, pour lui, « témoigne de la vive conscience des hautes autorités du pays, de l’apport considérable du secteur privé » dans notre système éducatif, avant de rappeler la place de l’église dans le secteur.
« Je souhaite que ce symposium marque le début d’une concertation permanente sur l’école privée, dans une subsidiarité dynamique et véritable par laquelle le soutien multiforme de l’Etat permettra de renforcer la qualité du service public rendu aussi par le privé dans la confiance mutuelle et la coresponsabilité pour le bien des parents et des apprenants d’une part, et pour la survie et la stabilité du privé d’autre part, et tout, au bénéfice de l’Etat dans l’accomplissement de sa mission régalienne », a laissé entendre le chef de l’église sénégalaise.
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