Diplomatie : Ousmane Sonko invoque l'héritage gaullien pour justifier la quête de souveraineté du Sénégal
Pendant la conférence de Pascal Boniface, le Premier ministre Ousmane Sonko est revenu sur les relations entre la France et l’Afrique. Le Premier ministre a plaidé ce jeudi 9 avril 2026 pour une refondation des liens historiques, fondée sur le respect mutuel, la souveraineté et une meilleure compréhension des réalités africaines. D’entrée, Ousmane Sonko a dénoncé la manière dont certaines analyses extérieures enferment les réalités politiques africaines dans des catégories simplifiées. Il a notamment cité le cas de son parti, souvent présenté dans les médias étrangers comme une formation de gauche. « On nous présente comme un parti panafricain de gauche. Panafricain, oui, c’est dans nos statuts. Mais où est-ce qu’on a réclamé notre ancrage à gauche, à droite ou au centre ? » Pour lui, ces raccourcis traduisent un manque d’écoute et une méconnaissance des dynamiques politiques locales. Il appelle à une lecture plus rigoureuse des textes et des réalités africaines, loin des grilles importées.
Souveraineté : la référence à De Gaulle
Dans un passage marquant, le Premier ministre a convoqué l’histoire politique française pour appuyer son propos. Il a cité le Général de Gaulle, rappelant la capacité de la France à affirmer sa souveraineté face aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Il a évoqué notamment les désaccords sur la monnaie, le nucléaire et les bases militaires. « Cette même France doit comprendre, avec 65 ans de retard, que nous éprouvions ce besoin d’avoir la même souveraineté. Cela ne veut pas dire que nous rejetons les liens historiques ». Sonko insiste : la quête de souveraineté du Sénégal ne signifie pas une rupture avec la France, mais une volonté d’égalité dans les relations internationales. Le Premier ministre a ensuite appelé à une refondation des relations franco-africaines sur des bases plus équilibrées. Selon lui, l’avenir dépend de la capacité des partenaires à s’écouter et à reconnaître les aspirations des peuples africains. Il estime que la France gagnerait à prendre en compte cette nouvelle réalité politique africaine, sous peine de voir se répéter ailleurs des tensions déjà observées sur le continent. Le Sénégal, a-t-il rappelé, reste ouvert à la coopération, mais refuse toute forme de tutelle ou de domination.
Abordant la question des ressources naturelles, Ousmane Sonko a également mis en garde contre les logiques de prédation internationale. Il appelle les États africains à une vigilance accrue face aux intérêts étrangers dans les secteurs stratégiques. Selon lui, la souveraineté politique doit aller de pair avec la maîtrise économique, notamment dans la gestion des ressources naturelles. Cependant, Ousmane Sonko n’a pas appelé à la rupture avec la France, mais à un changement de paradigme. En mobilisant même des références issues de l’histoire française, il invite Paris à reconnaître les nouvelles aspirations africaines. « L’ère des relations asymétriques touche à sa fin. L’avenir des relations France–Afrique devra désormais se construire sur une base d’égalité, de respect et de souveraineté partagée », a-t-il conclu.
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