Chambre criminelle de Thiès : Un homme jugé pour la mort suspecte de son jeune frère
La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Thiès a examiné, ce lundi 26 janvier 2026, l’affaire M. Demba, accusé du meurtre de son demi-frère, J. Demba. Les faits, qui remontent à avril 2022 dans le quartier Sapco de Thiès, portent sur une mort par pendaison dont les circonstances, notamment la position du corps, ont immédiatement suscité des soupçons de mise en scène.
À la barre, l’accusé a catégoriquement nié les faits de meurtre pour lesquels il a été placé sous mandat de dépôt. « Je n’ai pas tué mon petit frère. Malgré le fait que nous n'ayons pas la même mère, nous avions une excellente entente et n’avions aucun différend », a-t-il soutenu. M. Demba a affirmé avoir été plongé dans un profond sommeil au moment du drame, assurant n'avoir rien entendu alors qu'il se trouvait seul dans la maison avec la victime.
Le témoignage du père a cependant jeté un froid dans la salle d'audience. Ce dernier a affirmé que la victime jouissait d'une parfaite santé. « Dès que l'on m'a décrit la scène, mes soupçons se sont portés sur M. Demba. Lorsque je l'ai interrogé, il a refusé de me regarder dans les yeux », a-t-il déclaré, ajoutant que des rites traditionnels effectués en Casamance auraient, selon ses convictions, désigné l’accusé comme le coupable.
La mère de la victime a livré, quant à elle, un récit bouleversant. Absente durant une trentaine de minutes, elle a découvert à son retour son fils pendu à une fenêtre de la cour arrière, les pieds touchant le sol. « En voyant la scène, j’ai compris qu’il ne s’était pas donné la mort. La pendaison a été simulée », a-t-elle affirmé avec force. Elle a par ailleurs évoqué une hostilité manifeste de l’accusé envers son fils, allant jusqu'à l'accuser d'actes à caractère sexuel sur l'enfant.
Malgré la charge émotionnelle des témoignages, le procureur de la République a souligné la fragilité des preuves matérielles. Si l’autopsie confirme un décès par asphyxie mécanique liée à la pendaison, le magistrat a relevé qu’aucun élément objectif ne permet de lier directement l’accusé à l’acte de donner la mort. Se basant sur le certificat de genre de mort comme pièce centrale, il a requis l’acquittement du prévenu au bénéfice du doute.
Le sort de M. Demba sera scellé le 23 février 2026, date fixée pour le délibéré.
Commentaires (1)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.