Jugé pour le viol d'un bébé de 2 ans, un homme de 40 ans acquitté au bénéfice du doute
Âgé de 40 ans, il a été jugé pour viol, pédophilie et détournement de mineure sur la fillette S. Gadiaga, âgée de 2 ans au moment des faits, qui se sont déroulés en 2024 au quartier Mbour 1 de Thiès.
Selon l'enquête, le 9 avril 2024, la dame M. D. Sène avait saisi la police d'une plainte contre M. Camara pour agression sexuelle sur sa fille. Elle avait expliqué aux enquêteurs qu'à son retour du marché, aux environs de 20 h, elle avait trouvé son enfant inhabituellement prostrée, n'ayant ni mangé ni cessé de pleurer. Le lendemain, l'enfant éprouvait de vives difficultés à satisfaire ses besoins naturels. En procédant à un examen sommaire de ses parties intimes, la mère avait dit avoir constaté des blessures.
Elle avait ainsi emmené son enfant au poste de santé Mariama Sarr, puis à l'hôpital régional de Thiès. Les examens médicaux ont révélé des lésions au niveau des lèvres vulvaires compatibles avec des attouchements sexuels, l'hymen n'étant pas déchiré.
Les investigations avaient établi que la victime se rendait régulièrement dans la chambre de M. Camara, locataire dans la concession familiale, sous prétexte d'y prendre des fruits. Le jour des faits, alors que les autres enfants avaient quitté la chambre, M. Camara s'était retrouvé seul avec la fillette. C'est dans ces circonstances qu'il aurait abusé sexuellement de la fillette.
La femme de ménage, M. D. Diop, avait déclaré avoir entendu des cris de détresse provenant de la chambre de l'accusé au moment des faits et l'avoir croisé sortant avec l'enfant sous prétexte qu'elle avait faim.
À la barre, le prévenu avait nié les faits, tout en reconnaissant être le seul homme présent dans la maison. Il avait aussi affirmé que les enfants fréquentaient régulièrement sa chambre. « Je ne suis pas l'auteur de ces lésions vulvaires. Avoir une relation sexuelle avec cette fillette ne m'a jamais traversé l'esprit. Quand l'enfant pleurait et que sa mère m'a interpelé, je lui ai dit que je n'ai jamais posé ma main sur elle », s'était défendu M. Camara.
Lors de l'enquête préliminaire, la mère avait affirmé que sa fille était tellement attachée à M. Camara que chaque fois qu'il rentrait à la maison, elle soulevait ses habits en lui montrant ses parties tout en lui disant en wolof « Momo tate ya ngui ni ». Des propos que le prévenu avait réfutés devant la juge.
Mais pour le procureur de la République, il n'y avait pas assez d'éléments pour condamner le prévenu. Aucune preuve ne montrait que M. Camara est l'auteur des lésions vulvaires de la fillette. Il avait ainsi sollicité son acquittement.
Maître Mbodj, avocat de la défense, avait soutenu que ces accusations n'avaient aucun fondement et qu'il n'y avait aucune preuve tangible. Pour lui, M. Camara a été accusé parce qu'il était le seul homme dans cette maison. La défense croyait que la chambre ne pouvait se fonder sur le certificat médical pour dire qu'il y avait eu des attouchements sexuels. Maître Mbodj pensait également que l'enfant se serait blessée en se grattant le vagin avant de demander l'acquittement pur et simple de son client.
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