«Yeen Wolofs yi...» : Marie Thérèse Diédhiou fixée sur son sort ce mercredi
L’ancienne directrice générale de l'Agence de développement et d'encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME), Marie Thérèse Diédhiou, est attendue ce mercredi 22 avril devant le tribunal correctionnel de Dakar. Poursuivie pour diffamation, insultes via un système informatique et discours contraire aux bonnes mœurs, elle comparaît à la suite d’une citation directe initiée par le chroniqueur Abdoulaye Cissé, alias « Sa Wolof », et ses co-plaignants.
L’affaire trouve son origine dans des propos tenus à la sortie du procès d’Azoura Fall. Selon la citation, Marie Thérèse Diédhiou aurait déclaré en wolof : « Saaga ndey ci culture Sénégal la bokk. Yeen Wolofs yi yeenay saaga ndey chaque jour… Man Joola laa, duma saaga ndey », que l’on peut traduire par : « L’insulte fait partie de la culture sénégalaise. Ce sont les Wolofs qui insultent chaque jour… Moi, je suis Joola, je n’insulte pas. »
Pour les parties civiles, citées par Les Échos, ces propos, jugés particulièrement graves, portent atteinte à l’honneur et à la dignité de la communauté wolof.
Devant les enquêteurs, l'accusée a contesté toute intention malveillante, affirmant que ses propos ont été déformés. Reprise par la même source, elle explique qu’en évoquant les Wolofs, elle faisait référence à une dimension culturelle plus large, liée à la société sénégalaise dans son ensemble. Elle assure par ailleurs avoir publié une vidéo pour clarifier sa position et dit regretter une « mauvaise interprétation » de ses déclarations.
Sur le plan judiciaire, la procédure est marquée par une intense bataille technique. Lors de l’audience du 8 avril, son avocat, Me Ciré Clédor Ly, a soulevé des exceptions de nullité, dénonçant des vices de forme et une mauvaise qualification juridique des faits, notamment à travers les articles visés par le parquet. Il invoque également une atteinte aux droits de la défense, en particulier l’absence de recours à l’exception de vérité.
De leur côté, le procureur et les avocats des parties civiles estiment la procédure régulière et demandent le rejet de ces exceptions. Le tribunal doit se prononcer ce mercredi sur ces points. De sa décision dépendra la suite du dossier : soit l’annulation de la procédure, soit l’ouverture des débats sur le fond de l’affaire, souligne Les Échos.
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