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Alpha Blondy « Je ne me sens pas concerné par les problèmes entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire»

Auteur: ANTA FAYE DIOP

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Très attendu au Sénégal le 11 mai prochain pour commémorer l’anniversaire de la mort de Bob Marley au Stade Demba Diop, Alassane Samba Diop et Nicolas ont accroché le porte-étendard du reggae africain dans l’émission «Real One» sur les ondes de la RFM, depuis la Côte-d’Ivoire où il se trouve. Il dit ne pas se sentir concerné par les «petits problèmes» qui existent entre le Sénégal et la Côte-d’Ivoire.

Ce concert n’est-il pas une manière de rouvrir l’axe Abidjan/Dakar ?

Dakar/Abidjan, c’est un axe qui a déjà donné ses fruits. Par exemple, dans mon entreprise, le chef de la menuiserie est un Sénégalais, il s’appelle Faye.

On a souvent dit que les deux pays ont des problèmes. Votre venue ne va-t-elle pas contribuer à renforcer les relations.

Je ne connais pas de problème entre le Sénégal et la Côte-d’Ivoire. Le Sénégal a contribué à la promotion musicale d’Alpha Blondy «you know » ? J’ai des enfants qui vivent au Sénégal. Et franchement, je ne me sens pas concerné par ces problèmes évoqués. Il n’existe pas de problème entre le Sénégal et la Côte-d’Ivoire. Et par la grâce divine, il n’y en aura pas.

Que représente Bob Marley pour Alpha Blondy ?

Bob est pour moi la première méga star du tiers-monde. Il a ouvert les portes du showbiz du tiers-monde au monde entier. C’est un symbole, car les enfants du Ghetto ont du talent et si on leur donne leur chance, ils peuvent devenir des stars de la trempe de Youssou Ndour.

Quel est le sens de la date du 11 mai au Sénégal ?

Vous savez, au début de ma carrière, mon premier concert international en «live» s’est déroulé au Sénégal. À chaque fois que je joue dans ce pays, c’est un retour au passé, dans ma famille, je veux dire la diaspora musicale. On va «faire mal», ce sera la fête totale.

Quel est aujourd’hui, en 2008, le bilan que vous tirez de votre carrière ?

Je dirais que l’amour et le respect que le public accorde à mon travail sont le kérosène de ma carrière. Quelles que soient les folies que nous avons eu à commettre, le public est toujours là pour nous remettre sur les rails.

De quelles folies parlez-vous exactement…?

L’erreur est humaine. Toute personne commet une erreur à un moment ou un autre de sa vie, «You know» ?

Il faut savoir se rectifier à temps.

Peut-on savoir les morceaux programmés pour le concert prévu au stade Demba Diop ?

Il y aura les chansons du dernier album «Jah Victory». Les morceaux «Opération coup de poing » etc. On va passer tout le répertoire au peigne fin.

Votre vision de la nouvelle génération ?

Il y a beaucoup de nouveaux talents, mais il y a aussi un manque criard de logistique pour les mettre en valeur. C’est dommage qu’il n’y ait pas un major africain. Il faut que les hommes d’affaires sérieux créent un major africain pour booster la musique du continent africain. Nous sommes obligés de nous livrer à Sony, Virgin, Universel etc. Ce n’est pas normal que le continent n’ait pas une voix digne de ce nom.

Vous pourriez créer ce major avec un grand artiste comme Youssou Ndour par exemple …

Financièrement, nous n’avons pas cette force de frappe. Youssou a beaucoup investi dans la presse et dans son studio de production. Moi, je m’active dans l’immobilier. Nous avons des centaines de familles à faire vivre. Nous n’avons pas les mains libres, parce que très présents sur le front social pour aider nos parents. Vous savez, entre nous, je vous assure que les banquiers nous refusent souvent des crédits. Ils nous font attendre tout en écoutant notre musique très appréciée par leurs femmes. Pourtant, c’est à eux qu’incombe la tâche d’agir dans ce sens.

Youssou a créé dans ce sens une structure dénommée «Birima», pourriez-vous en faire autant, non ?

Je vous ai expliqué le problème. Sachez que les musiciens sont les champions de la précarité.

Que pensez-vous du reggae sénégalais ?

Je ne fais pas de commentaire sur le reggae sénégalais, malien ou ivoirien. Je parle de reggae africain.

Et l’engagement d’Alpha Bondy aujourd’hui ?

Ma musique correspond à ma vie sociale : je parle de la manière dont les politiciens gèrent nos pays. Je ne suis pas une marionnette, je ne viens pas jouer au fouteur de merde. Il y a des fouteurs de merde qui ont une fausse idée du chanteur engagé.

Dites-nous quelque chose en Wolof, pour les fans.

(Et maladroitement, il dit :) Dites à tous mes «Sama waay» (mes potes) que j’arrive. «Di na Tocc stade Demba Diop, jërëjëf Waay!!!».

Auteur: ANTA FAYE DIOP
Publié le: Mercredi 07 Mai 2008

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