Dette publique : Le Sénégal face au dilemme de la soutenabilité malgré une croissance record
Avec une croissance attendue entre 8 et 10 %, portée par l’entrée en production du pétrole et du gaz, le Sénégal affiche en 2025 des performances macroéconomiques inédites. Cependant, le poids croissant de la dette publique et la fragilité de sa soutenabilité restent une réalité préoccupante pour l’État du Sénégal.
Invité de l’émission "Seneweb Éco" de ce dimanche 4 janvier 2026, l’économiste Serigne Momar Seck estime que la croissance du pays « se déroule dans un contexte de niveau d’endettement élevé, de déficit budgétaire important et d’une pression accrue du service de la dette sur les finances publiques ».
Alors que l’inflation recule autour de 1 % et que les secteurs pétrolier et gazier tirent l’activité vers le haut, l’État continue de faire face à des tensions de trésorerie persistantes. « Les services de la dette continuent d’augmenter, ce qui pèse lourdement sur les finances publiques », souligne l’économiste.
Évoquant la question de la dette publique, qui avoisine 100 % du PIB, Serigne Momar Seck affirme qu’elle devient de plus en plus contraignante. « Un défaut survient lorsque le pays n’est plus capable d’honorer le principal et les intérêts de sa dette. Or, le Sénégal continue à payer ses échéances, même si c’est avec des difficultés passagères », explique-t-il, tout en rappelant les exemples de l’Argentine, de la Grèce ou de l’Équateur.
Cependant, le recours croissant au marché financier régional, plus coûteux que les financements concessionnels traditionnels, accentue la fragilité. La suspension du programme avec le FMI complique également l’accès à des ressources moins onéreuses.
La restructuration de la dette, une option sur la table
Considérant que la restructuration de la dette est un « outil », Serigne Momar Seck souligne qu'elle «n’est pas une catastrophe en soi. Des pays ont restructuré leur dette et s’en sont bien sortis. Tout dépend des caractéristiques de l’économie », affirme-t-il, avant de rappeler que la restructuration peut prendre différentes formes comme l’allongement des maturités, le rééchelonnement ou un moratoire temporaire, afin d’alléger la pression immédiate sur le budget.
Par ailleurs, M.Seck plaide pour une stratégie globale de soutenabilité de la dette. La priorité, selon lui, est de maîtriser la dynamique de l’endettement. « Un endettement excessif combiné à une faible croissance conduit à l’insolvabilité », prévient-il, tout en appelant à limiter les emprunts non productifs.
L’économiste appelle ainsi à accélérer le développement de secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, capables d’élargir la base fiscale et de réduire la vulnérabilité budgétaire.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.