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Sangomar et GTA : Pourquoi la découverte de l'or noir ne suffira pas à sauver l'économie sénégalaise

Auteur: Yandé Diop

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Sangomar et GTA : Pourquoi la découverte de l'or noir ne suffira pas à sauver l'économie sénégalaise

La découverte de pétrole et de gaz au large des côtes du Sénégal marque une étape historique pour le pays. Si les géologues évoquaient depuis longtemps ce potentiel, la réalité de la production ouvre désormais des perspectives économiques immenses, tout en posant des défis stratégiques majeurs. Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, l’ingénieur polytechnicien Modibo Diop a analysé cette nouvelle donne : « Les découvertes de pétrole et de gaz constituent une excellente nouvelle pour le Sénégal. Elles offrent des opportunités importantes en matière de croissance économique, de création d’emplois et de recettes publiques. » Des projets comme le champ pétrolier de Sangomar et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie, illustrent ce potentiel énergétique régional.

Le défi technique du raffinage local

Cependant, pour l'expert, l'extraction ne représente qu'une partie de l'équation. Pour transformer cette manne en développement durable, le Sénégal doit impérativement adapter ses infrastructures de raffinage. Modibo Diop souligne une contrainte technique spécifique : le pétrole sénégalais contient un taux de soufre relativement élevé. « Nous avons du pétrole, mais nous n’avons pas encore toutes les capacités techniques pour le raffiner entièrement au Sénégal. Une partie doit encore être exportée pour être traitée ailleurs », regrette-t-il, plaidant pour une montée en puissance technologique nationale.

Changement de cap : de Macky Sall à Bassirou Diomaye Faye

La gestion de ces ressources dépend étroitement des orientations politiques au sommet de l'État. Sous la présidence de Macky Sall, la stratégie reposait essentiellement sur des partenariats internationaux et l’investissement étranger. Avec l’élection de Bassirou Diomaye Faye, une nouvelle doctrine émerge, mettant l’accent sur la souveraineté nationale et le rôle accru des entreprises publiques.

« C’est la vision des politiques publiques qui définit la manière dont un pays exploite ses ressources. Chaque régime apporte sa vision du développement », explique Modibo Diop. Au-delà des frontières nationales, il prône une intégration continentale, citant la coopération exemplaire avec la Mauritanie : « Un pays seul ne suffit pas. Les ressources énergétiques doivent être exploitées dans une logique de coopération entre les pays africains. »

L'énergie comme arme géopolitique

Le pétrole n'est pas qu'une ressource comptable ; c'est un levier de puissance mondiale. L'ingénieur rappelle que les grandes puissances scrutent les routes stratégiques, à l'image du détroit d'Ormuz. « Le pétrole est une arme de pouvoir. Si l’approvisionnement s’arrête, c’est toute l’économie mondiale qui peut être paralysée », avertit-il. Cette vulnérabilité mondiale souligne l'importance pour le Sénégal de sécuriser ses propres chaînes logistiques.

Au-delà de la rente : bâtir un développement réel

Pour que le pétrole profite réellement aux populations, l'expert préconise quatre leviers d'action : investir massivement dans le raffinage, favoriser le tissu industriel local, former une élite de techniciens et d'ingénieurs, et renforcer l'axe diplomatique régional. Selon lui, la richesse brute est un mirage si elle n'est pas organisée. « La vraie richesse d’un pays, ce n’est pas seulement ses ressources, mais la manière dont il les organise pour le développement », conclut l'invité du JDD.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Dimanche 15 Mars 2026

Commentaires (7)

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    Le breton il y a 12 heures
    Parce qu'ils ne sont pas tout Simplement les causes du mal, mais plutôt le CFA
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    Bayfal il y a 12 heures
    Le pétrole et le gaz ne sont que des ingrédients. Si nous ne construisons pas notre propre cuisine (nos raffineries, nos usines pétrochimiques, nos centres techniques), nous resterons les spectateurs de notre propre richesse. Vouloir maintenir des subventions aujourd'hui, c'est manger nos graines au lieu de les planter. C’est un choix difficile, mais il est nécessaire : nous devons accepter de souffrir maintenant pour financer ces infrastructures stratégiques. Mieux vaut une rigueur nationale qui construit l'indépendance de nos enfants, qu'une illusion de confort qui nous maintient sous perfusion étrangère. Renforçons la SAR, formons nos ingénieurs et traitons notre brut chez nous. C'est le seul chemin pour que le "Made in Senegal" ne soit pas qu'un slogan, mais une réalité énergétique.
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    El il y a 12 heures
    Likoy motali peuple sénégalais le ligueye rek
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    Lecreur il y a 12 heures
    Le titre et le contenu ?
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    DC il y a 11 heures
    Vraiment!
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    Mbé mbé il y a 11 heures
    UN EXPERT DE MERDE comme toujours sur ce site..le client n'est pour rien DANS ...........citant la coopération exemplaire avec la Mauritanie
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    OPINION il y a 10 heures
    la CLE du Developement d'un Pays repose sur l'EDUCATION de sa Population....rien d'autre.
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    Luck il y a 10 heures
    Le Sénégal prévoit de lancer la construction d'une deuxième raffinerie de pétrole dès 2026 pour augmenter sa capacité de traitement locale et réduire les importations. Ce projet, nommé SAR 2.0, vise une mise en service vers 2029 pour atteindre l'autosuffisance en produits pétroliers, notamment avec le brut du champ Sangomar. Capacité : L'objectif est d'ajouter une capacité de traitement de 4 millions de tonnes par an (Mtpy), pour atteindre une capacité totale de 5,5 Mtpy, selon la Société Africaine de Raffinage (SAR). Calendrier : Début de la construction envisagé vers 2026, avec une mise en service ciblée pour 2029. Financement : Le projet, estimé entre 2 et 5 milliards de dollars, suscite l'intérêt de partenaires en Chine, en Turquie et en Corée du Sud, explique la Societé Africaine de Raffinage. Objectif : Transformer le pétrole brut du champ Sangomar (opéré par Woodside Energy et Petrosen) pour couvrir la demande nationale croissante et exporter dans la sous-région.
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    Abdou il y a 6 heures
    Il sera traité ici mais appartiendra aux chinois, turcs ou coréens quî auront financé la raffinerie....

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