Bénéficies, emplois, importations… : les points savoureux de la filière banane
Le gel des importations de bananes, appliqué entre septembre et décembre 2025, a eu un impact globalement positif sur la production nationale. Dans un entretien accordé au journal Le Soleil, Yahya Mamadou Sall, président du Collectif régional des producteurs de banane de Tambacounda, affirme que cette mesure a permis de « sauver la filière banane », mettant fin à des années de méventes chroniques.
Cette dynamique s’appuie sur une transformation technique amorcée entre 2023 et 2024, portée par l’introduction de plants in vitro et la modernisation de l’irrigation. Les résultats sont significatifs : alors que le Sénégal importait plus de 55 % de ses besoins en banane en 2021, ce taux est tombé à moins de 20 % en 2025, avec une production record estimée à 112 500 tonnes.
Un rempart social contre l’émigration
Au-delà des performances agricoles, la filière s’impose comme une locomotive économique pour la région de Tambacounda, générant plus de 10 000 emplois. Elle offre une alternative concrète à l’exode rural et à l’émigration clandestine. « Un jeune producteur peut gagner entre 1,5 et 2 millions de francs CFA tous les six mois », souligne Yahya Mamadou Sall.
Forts de cette dynamique, les acteurs visent désormais l’autosuffisance d’ici 2029 et plaident pour une extension du gel des importations à six mois en 2026, estimant être suffisamment organisés pour approvisionner le marché de juillet à décembre.
Les verrous structurels à lever
Malgré ces avancées, des défis majeurs persistent, notamment la question du foncier. L’absence de titres sécurisés limite l’accès au financement bancaire. À cela s’ajoutent des insuffisances logistiques, comme le manque de camions frigorifiques et de chambres froides, indispensables à la conservation des produits. Sur le plan environnemental, la protection des bananeraies contre les inondations reste une priorité, avec un appel à la construction de digues adaptées.
Comment réguler le marché ?
Enfin, la cherté du produit pour le consommateur demeure un point sensible. Si le kilogramme est cédé à 275 FCFA à Dakar par le producteur, les prix augmentent le long de la chaîne de distribution. Pour y remédier, les acteurs proposent la fixation d’un prix plafond à 800 FCFA le kilo, ainsi que la création de points de vente dédiés dans chaque commune.
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