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Sunday 30 November, 2025
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Aide aux intrants : comment révolutionner l'agriculture au Sénégal

Auteur: Aicha Fall.

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De l’aide aux intrants à la résilience rurale : repenser les subventions agricoles

Les subventions agricoles jouent un rôle central dans la stabilité des systèmes alimentaires et la sécurité des revenus des producteurs. Elles permettent de compenser les effets des aléas climatiques, des variations de prix sur les marchés internationaux et de soutenir les exploitations vulnérables, souvent de petite taille. Ces aides contribuent également à la cohésion sociale en maintenant un niveau de vie minimum dans les zones rurales et en évitant des tensions liées à la pauvreté agricole. Leur efficacité sociale dépend fortement du ciblage. Sans mécanismes précis, les subventions profitent davantage aux exploitations moyennes et grandes, laissant de côté les plus petites, ce qui accentue les inégalités rurales.

Cependant, leur impact économique peut être ambigu. Des subventions mal ciblées ou trop généralisées peuvent encourager des pratiques peu productives, comme la surutilisation d’intrants ou le maintien de cultures non compétitives, tout en alourdissant la charge fiscale des États. Dans certains pays africains, les dépenses publiques consacrées aux subventions agricoles représentent entre 1 % et 3 % du PIB, un poids budgétaire non négligeable pour des économies encore fragiles. Ce poids budgétaire appelle une meilleure traçabilité et transparence. Les études insistent sur la nécessité de publier les données d’allocation et d’usage des subventions afin de limiter les détournements et d’améliorer leur rendement économique.

L’efficacité des aides dépend donc de leur conception, de leur distribution et du suivi des résultats. Les mécanismes de ciblage basés sur les exploitations les plus vulnérables et les cultures stratégiques améliorent le rendement social et économique. Les réformes graduelles, associant incitations à la productivité, formation et accès au financement, peuvent préserver la sécurité alimentaire tout en renforçant la compétitivité et la résilience du secteur rural. La durabilité environnementale doit aussi être intégrée. Les subventions doivent encourager l’usage raisonné des intrants, la protection des sols et la gestion des ressources naturelles pour éviter des effets pervers à long terme.

Des pays comme le Sénégal et le Mali ont commencé à combiner subventions et programmes de soutien technique pour améliorer l’usage des intrants, ce qui montre qu’il est possible de concilier objectifs sociaux et efficacité économique dans un cadre budgétaire maîtrisé. Ces expériences illustrent une tendance régionale vers des politiques agricoles hybrides, où les subventions sont articulées avec des dispositifs de marché, de crédit et de formation, renforçant ainsi la compétitivité tout en consolidant la sécurité alimentaire.

Auteur: Aicha Fall.
Publié le: Dimanche 30 Novembre 2025

Commentaires (5)

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    Mamadou SAMB il y a 9 heures

    Très bon article

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    Politique il y a 4 heures

    La subvention au Sénégal est fondamentalement biaisée par les méthodes de ciblage et surtout désarticulée par l'absence d'une stratégie soutenue d'autonomisation des cibles.La subvention doit être perçue comme une stratégie économique et non comme une action politique ou sociale.

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    Anna il y a 8 heures

    Filles chaudes vous attendent sur -- Hot21.fun

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    Gorsi il y a 4 heures

    Ok profession ?
    Fonction ?

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    CASIER KOBILO il y a 1 heure

    Le casier rizicole de Kobilo, mis en service en 2003, occupe une place importante dans la région de Matam. Il soutient l’activité de plus de cinq villages et constitue une source de revenus pour de nombreuses familles. Depuis plusieurs années, le rendement diminue à cause de différents problèmes qui s’accumulent.

    Cette année, la situation empire. Le manque d’énergie ne permet pas d’alimenter les moteurs, ce qui bloque l’accès à l’eau et retarde le repiquage de plus de deux mois. Le passage prévu vers les panneaux solaires n’a pas permis d’alimenter correctement les équipements et met les agriculteurs en difficulté. La population, elle, n’attend du gouvernement qu’une gestion responsable et cohérente de ces infrastructures.

    Nous appelons le ministre de l’Agriculture et la SAED à soutenir les habitants afin de garantir un accès fiable à l’eau, indispensable à la culture du riz. Pendant que les charges saisonnières augmentent chaque année, la production baisse, ce qui fragilise encore davantage les ménages qui dépendent du casier.

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    Kirene il y a 1 heure

    Il faut avant de parler des moyens il faut commencer par 3 choses : Le foncier,la formation des futurs jeunes paysans et enfin la recherche agricole.Pourle foncier il faut un remembrement profond dans le cadre de l'aménagement du territoire et définir de façon claire les terres agricoles.Pour la formation il faut des lycées techniques agricoles un peu partout proches des zones de grandes cultures pour la combinaison théorie pratique.Pour la recherche il faut révolutionner li'Isra les bons universitaires sont là en partenariat avec des coopérants techniques.
    Les moyens on les trouve facilement parce qu une agriculture qui marche est un business rentable qu une banque agricole puissante peut financer
    Tout le reste c'est du déjà vu

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