Élevage : Mabouba Diagne appelle le secteur privé à capter les 150 milliards du marché fourrager
Face à la flambée structurelle des prix des aliments de bétail, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, a lancé un appel solennel au secteur privé national pour investir massivement dans la production locale. Le constat de départ est sans appel : avec un sac de foin dépassant les 8 000 F CFA et un aliment industriel à plus de 10 000 F CFA, le développement des cultures fourragères n'est plus seulement une nécessité technique, mais une « priorité stratégique nationale et une immense opportunité économique ». Cette dynamique vise à transformer radicalement le modèle de production en proposant des solutions locales et compétitives.
Le potentiel de cette filière repose sur des résultats techniques probants, notamment à travers l'ensilage de maïs. Une parcelle test a démontré qu'un seul hectare peut produire plus de 40 tonnes de matière fourragère, générant jusqu'à 4 millions de F CFA de chiffre d'affaires pour le producteur.
Pour le ministre, les bénéfices de cette intensification sont doubles : elle garantit une forte rentabilité pour les entrepreneurs agricoles tout en soulageant les éleveurs. Grâce à cette production massive, le prix du sac d'aliment pourrait être réduit de moitié pour être « commercialisé autour de 5 000 F CFA, soit près de moitié moins que les prix actuellement pratiqués sur le marché ».

L'ambition affichée pour transformer durablement l’élevage sénégalais repose sur l'exploitation de 50 000 hectares dédiés à l'ensilage de maïs. Ce seuil critique permettrait d'atteindre l’autosuffisance en lait, en viande rouge et en moutons de Tabaski. Sur le plan financier, les projections sont impressionnantes : avec une production globale estimée à 1 500 000 tonnes, la filière pourrait générer un chiffre d'affaires global supérieur à 150 milliards de F CFA. C'est pourquoi Mabouba Diagne insiste sur le fait que les cultures fourragères constituent désormais un « pilier essentiel de notre souveraineté alimentaire et pastorale ».

En invitant les jeunes entrepreneurs, les éleveurs et les investisseurs à saisir cette opportunité, le ministre dessine les contours d'une modernisation profonde du secteur. L'objectif est de mettre fin au déficit alimentaire chronique du bétail par une approche endogène. Pour Dr Mabouba Diagne, le message est clair : « l’avenir de notre élevage passe par une production locale, durable et compétitive ».
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