Où est passée la solennité ? Telle est la question qu’on est en droit de se poser en pénétrant dans l’environnement dans lequel baignent nombre de nos institutions et bâtiments publics. En effet, si des efforts conséquents ont été faits depuis quelques temps dans la réduction des pérégrinations et autres va-et-vient incessants de visiteurs et vendeurs dans les bâtiments administratifs, le décor qu’offrent toujours certains édifices publics, rompt avec l’ordre et la gravité.
Quand le commerce tue la solennité
Au ministère de l’Economie, des Finances et du Plan par exemple, citoyens et partenaires financiers de l’Etat qui viennent souvent en ces lieux, l’ont sûrement remarqué. La devanture de l’édifice, envahie par des commerçants de tous genres, ressemble petit à petit, à un mini marché. A l’aile gauche de la devanture, s’est installée une dame. La soixantaine bien consommée, cette commerçante y vend tranquillement ses bidons d’huile de palme, des cacahuètes, des crevettes séchées et autres fruits de mer. Sa table de fortune, elle l’a installée juste à côté de la porte de l’Agence judiciaire de l’Etat et du guichet unique. Ce, sous le nez et à la barbe des pandores qui filtrent les entrées. Notre dame y gagne tant bien que mal sa vie.
"Yoxoss", "Pagnes", "crevettes" à la porte de l'Agence judiciaire de l'Etat
Seule, elle ne l’est pas en ces lieux. Non loin d’elle, officie un jeune vendeur de chaussures. Ses dizaines de paires exposées à même les carreaux de la bâtisse, il nous confie: «Je suis ici depuis plus de 10 ans et je ne vends que des chaussures. Nous n’avons jamais été inquiétés», nous dit-il. L’affluence et le marché que représentent les centaines de fonctionnaires travaillant dans cet édifice public, restent les raisons principales de sa présence sur les lieux. Mais, notre jeune Baol-baol, ne semble pas détenir le record de longévité en ces lieux. Loin de là. «Je vends à Dakar depuis plus de 35 ans. Vous ne devinerez jamais depuis combien de temps je vends ici. J’ai beaucoup duré ici. Et jamais on n’a essayé de me déguerpir. Et je m’en sors pas mal», renseigne notre vendeur d’ersatz de parfum. Son étal, Ly l’a logé à moins d’un mètre de la porte du bureau des imputations. Il jouxte le kiosque de son collègue vendeur de journaux. Tout en face d’eux, essaiment des vendeurs de lait caillé, de «ngoun-goun» (basilique), de fruits, de chinoiseries, des horlogers, vendeurs de sacs, de chapelet, de cafés etc. Une ambiance bien commerciale, qui a fini d’effacer toute trace de solennité en ce lieu, pourtant symbole de la vitalité de l’administration sénégalaise.






Auteur: SenewebNews
Publié le: Mercredi 08 Avril 2015
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