Gouverner n’est pas liker » : Le parti Rewmi s'attaque à la « Live-cratie » d'Ousmane Sonko
Des responsables du parti Rewmi à Thiès ont fait face à la presse pour livrer leur lecture de l’actualité nationale et internationale, mêlant félicitations institutionnelles, mise en perspective historique et critiques frontales contre le pouvoir en place.
Ils ont d'abord salué le choix judicieux du chef de l’État d’organiser la fête du 4 Avril à Thiès. Selon eux, cette décision honore la capitale du Rail et replace la ville au centre de la dynamique nationale. Ils estiment que la tenue d’un tel événement en seulement trois mois de préparation témoigne du potentiel structurel de la cité.
Dans la foulée, ils ont rendu un hommage appuyé à leur leader, Idrissa Seck, rappelant les investissements structurants lancés dès 2004 dans le cadre des Chantiers de Thiès. Ces responsables de Rewmi demandent au président de la République de profiter de sa présence pour procéder à la réception officielle des infrastructures réalisées à l’époque, au nom de la continuité républicaine.
Rewmi appelle les maires à l’unité
S’adressant aux édiles locaux, le parti a dénoncé des querelles inutiles et inopportunes, exhortant les maires à soumettre des propositions concrètes afin que les aménagements liés au défilé militaire constituent des investissements durables pour les populations. « Le développement local ne se décrète pas, il se construit », a insisté Saër Mangane.
Sur le plan politique, le ton s’est durci. Le parti a dénoncé des « ndogous politiques » organisés au Palais, jugés inopportuns dans un contexte de difficultés économiques. Les responsables de Rewmi à Thiès ont également ciblé le Premier ministre Ousmane Sonko, critiquant ce qu’ils qualifient de gouvernance en mode « Live-cratie ». Ils accusent le chef du gouvernement de privilégier les prises de parole en ligne au détriment, selon eux, du travail institutionnel. « Gouverner n’est pas liker. Administrer n’est pas scroller », a martelé M. Mangane. Ils ont profité de l'occasion pour demander la libération de Maodo Malick Mbaye.
Guerre et économie : l’alerte sur le pétrole
Au-delà de l’actualité nationale, le parti Rewmi s’est longuement exprimé sur la situation internationale, évoquant les frappes américano-israéliennes sur Téhéran et leurs potentielles conséquences économiques. Le détroit d’Ormuz est le point central de leur analyse, ce dernier étant considéré comme stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Selon eux, une perturbation durable entraînerait une hausse des cours du brut et une inflation importée qui toucherait de plein fouet les économies africaines. Le parti évoque un « couteau à double tranchant » pour le Sénégal. D’un côté, la hausse des prix pourrait accroître les recettes issues du champ de Sangomar. De l’autre, le pays reste dépendant des importations de produits raffinés, ce qui exposerait les ménages à une flambée des prix du carburant, avec des répercussions sur le transport, l’électricité via la Senelec et le coût de la vie.
Ces responsables de Rewmi alertent également sur l’impact potentiel d’une crise énergétique prolongée sur les engrais et, par ricochet, sur la souveraineté alimentaire. Ils appellent à utiliser d’éventuels surplus pétroliers comme « bouclier social » pour amortir les chocs à venir.
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