Libération de Farba Ngom : Marche pacifique et sit-in annoncés contre une "détention arbitraire"
Le Comité pour la résistance populaire ne compte pas baisser les bras pour obtenir la libération du maire des Agnam, placé sous mandat de dépôt dans l’affaire des 125 milliards. Ce lundi 9 février, alors que les députés étaient en séance plénière pour ratifier la liste des membres de la commission ad hoc chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire de l’honorable député Farba Ngom — pour une deuxième fois — ledit comité a fait face à la presse. Il a dénoncé avec la dernière énergie la « différence de traitement entre deux personnes poursuivies pour les mêmes faits, dans le même dossier, alors que l’une d’elles est maintenue en détention malgré un état de santé reconnu comme incompatible avec l’incarcération ». Al Ousseynou Ndiaye et Cie ont également dévoilé leur plan d’action pour exiger le droit.
« Si nous prenons la parole aujourd’hui, ce n’est ni par provocation, ni par calcul politique, encore moins par passion. Nous parlons par devoir citoyen. Notre engagement concerne la situation de l’honorable député Farba Ngom, maire des Agnam, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, pour des faits qualifiés de détournement de deniers publics », a souligné Al Ousseynou Ndiaye, coordonnateur du Comité pour la résistance populaire.
Il ajoute : « Après avoir ordonné des expertises médicales réalisées par des professeurs assermentés, la Cour a été saisie de rapports clairs et concordants établissant que l’état de santé du détenu est incompatible avec la détention carcérale. Contre toute logique juridique et médicale, et en totale contradiction avec ses propres diligences, le juge a néanmoins rejeté à deux reprises les demandes de liberté provisoire fondées sur ces expertises. Après de longs mois de détention, l’honorable député Farba Ngom a été auditionné les 15 et 17 décembre 2025.
À l’issue des auditions du 7 janvier 2026, le juge compétent, statuant en toute indépendance et en son âme et conscience, a ordonné la levée du mandat de dépôt au regard d’éléments déterminants qui ne pouvaient raisonnablement être ignorés : la solidité, la cohérence et la constance de l’argumentaire développé par l’honorable Farba Ngom ; les explications claires et circonstanciées apportées par Monsieur Tahirou Sarr, présenté dans le dossier comme son prétendu "jumeau siamois" ; l’existence de contestations sérieuses et l’insuffisance manifeste des charges à ce stade de la procédure ; le statut institutionnel de l’honorable Farba Ngom, député à l’Assemblée nationale et maire de la commune d’Agnam ».
Selon lui, un appel du procureur est venu « maintenir de façon arbitraire et incompréhensible » le député Farba Ngom en détention alors que, dans ce même dossier, Tahirou Sarr, présenté comme le principal acteur, la véritable pièce maîtresse de la procédure, et bénéficiaire des mêmes arguments de défense, a pourtant été remis en liberté. Une telle disparité de traitement qui, pour le comité, interroge « gravement le sens de l’équité, de la justice et de l’État de droit ».
« Comment expliquer une telle différence de traitement entre deux personnes poursuivies pour les mêmes faits, dans le même dossier, alors que l’une d’elles est maintenue en détention malgré un état de santé reconnu comme incompatible avec l’incarcération ? Plus préoccupant encore, alors que cette procédure n’a pas encore connu son issue, une nouvelle poursuite a été engagée contre l’honorable Farba Ngom, accompagnée d’une demande de levée de son immunité parlementaire, sur la base de faits exposés publiquement par Madame le ministre de la Justice », a martelé Al Ousseynou Ndiaye.
Pour le Comité pour la résistance populaire, la justice se rend dans les prétoires, pas dans l’espace médiatique. « Lorsque des décisions judiciaires sont neutralisées, lorsque l’égalité devant la justice devient variable, lorsque des familles entières sont entraînées dans des procédures à répétition, le silence n’est plus une option », a-t-il averti, avant de signaler que la 15ème législature est aujourd’hui face à une épreuve de vérité.
Face à cette situation, le Comité pour la résistance populaire, avec l’appui de chefs religieux et coutumiers, de leaders politiques et de certains activistes, entre dans une nouvelle phase de mobilisation pour que leur fils soit libéré immédiatement. Il annonce ainsi la tenue d’une marche pacifique le samedi 14 février, de 15h à 20h, dont le départ est prévu au terrain du marché Nguélew (Niary Tally). Il a également annoncé la tenue d’un sit-in devant l’Assemblée nationale le lundi 16 février, pour dire non à la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom.
Pour ces partisans du maire des Agnam : « Quand la justice hésite, le peuple s’interroge. Quand le droit recule, la République vacille. Quand l’injustice persiste, la résistance citoyenne devient une obligation historique ».
À rappeler que Farba Ngom est sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025. Il est poursuivi, notamment, pour blanchiment de capitaux dans le cadre de l'affaire des transactions douteuses de plus de 125 milliards de francs CFA tracées par la CENTIF. Aujourd’hui, il fait face à une nouvelle enquête visant à déterminer sa responsabilité dans « les faits graves et à situer l’impact de ses actions sur l’ordre public et le respect de la législation pénitentiaire ».
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