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A Paris, Souleymane Cissokho entraîne le "Roi des arènes", Modou Lo

Auteur: AFP

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A Paris, Souleymane Cissokho entraîne le "Roi des arènes", Modou Lo

Collé au périphérique parisien, le centre sportif Jules-Ladoumègue accueille en ce matin gris de janvier une "légende vivante". Modou Lô, champion incontesté de lutte sénégalaise, "Roi des arènes" de son pays, y prépare son prochain combat, aidé par le boxeur français Souleymane Cissokho.

Avec une dizaine d'autres lutteurs venus du Sénégal, où ils sont de véritables stars, Modou Lô, solide garçon de 1,78 m pour 120 kg, participe à Paris à un camp d'entraînement organisé par Cissokho.

"Beaucoup de lutteurs sénégalais viennent en France pour des camps de l'entraînement, ils veulent sortir de leur quotidien, venir en France et s'entraîner", explique le boxeur français, médaillé olympique à Rio en 2016 et actuellement challenger officiel pour la ceinture mondiale WBC des poids welters.

"De fil en aiguille, on est devenus très proches et on a échangé pas mal. Lorsque je vais au Sénégal je m'entraîne parfois avec eux et vice versa", poursuit-il.

La veille, ils se sont entraînés face à l'équipe de France de lutte, et pour la séance du jour, guidée par Cissokho, ils mettent l'accent sur la boxe anglaise.

"La séance s'est bien passée", raconte Moudou Lô à l'AFP, encore suintant de sa séance. "Au Sénégal, les lutteurs se concentrent surtout sur l'aspect lutte alors qu'on parle de lutte avec frappe, donc la boxe a une grande importance aussi."

- "Monumental" -

A ses côtés sur le ring, Ibrahim Ndiaye, colosse aux cheveux teints en blond, affûte également ses armes pour un combat prévu au printemps. "On voyage souvent dans d'autres pays pour se préparer. Comme nous sommes des lutteurs professionnels, c'est bien de découvrir d'autres pays pour voir là-bas des choses et nous améliorer dans notre travail", dit-il.

La lutte sénégalaise, sport traditionnel ultra-populaire dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, associe lutte en corps à corps et frappes à mains nues.

Lors des combats les plus importants, la vie s'arrête pratiquement dans les rues de Dakar ou d'ailleurs, et les grandes affiches attirent des dizaines de milliers de spectateurs dans les stades. Seule l'équipe nationale de foot, récente lauréate de la Coupe d'Afrique des Nations, peut rivaliser.

"La lutte, c'est monumental au Sénégal", confirme Souleymane Cissokho. Avec "Modou Lô, on ne fait pas dix mètres (dans la rue) sans qu'on nous arrête. C'est vraiment une légende vivante au Sénégal."

En plus de la dimension sportive, la discipline intègre un aspect culturel et folklorique, voire mystique, assez important.

Avant de s'empoigner, certains combattants suivent un long et minutieux rituel, au cours duquel ils s'enduisent entièrement le corps de "liquide magique" et nouent d'indispensables grigris à leur taille, autour des poignets et des biceps ou des chevilles.

- "Au sommet de son art" -

Mais Modou Lô tient à désacraliser cette partie de son sport. "La mystique est un aspect culturel de la lutte, ça fait partie du décor, mais le sport repose sur les entraînements", rappelle celui qui a démarré la lutte sénégalaise à l'âge de 20 ans.

"Chaque personne veut être au sommet de son art, c'est pourquoi nous avons toujours rêvé de devenir +Roi des arènes+", explique-t-il. "Nous avons travaillé très dur, relevé plusieurs défis et ce n'est qu'en 2018 que j'ai atteint ce statut, par la grâce de Dieu. Maintenant, je dois travailler plus parce que j'ai plus de responsabilités."

Le 5 avril prochain, un pagne ceint autour de la taille, le lutteur de 40 ans remettra sa couronne en jeu face à son challenger, Sa Thiès, lors d'un combat événement à l'Arène nationale du Sénégal.

Pour la suite, Cissokho verrait bien le roi des arènes tenter sa chance sur un ring. "On a eu un Francis Ngannou qui a combattu en boxe anglaise à plusieurs reprises. Avoir un Modou Lô combattre en boxe anglaise, je pense que ça peut être pas mal. Surtout si on organise ça au Sénégal, on remplit 60.000 personnes très rapidement".

Auteur: AFP
Publié le: Mercredi 28 Janvier 2026

Commentaires (2)

  • image
    Kamou il y a 14 heures
    Des combats de lutte qui ne dure même pas 5 minutes soit des balancements de bras seulement pour des matchs nuls
    C est la peine d aller s entrainer en France
    La lutte est devenue plus folklorique que sportive
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    @kamou il y a 14 heures
    t'as rien compris...nos lutteurs vont chercher en France autre chose que l'entraînement ...dans les banlieues françaises leurs compatriotes ont des trésors cachés...les aidant à lutter contre la molesse des muscles, voire plus...
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    Basta il y a 12 heures
    Faire comme SADIO mané, il faut savoir partir

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