CAN 2025: début du procès des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc, accusés de violences lors de la finale
Ils seront jugés pour "hooliganisme". 18 supporters sénégalais comparaissent devant le tribunal de Rabat au Maroc ce jeudi 19 février. Lors de la mémorable - et chaotique - finale de la CAN le 18 janvier dernier, ce groupe de supporters regroupés avec les "ultras" des Lions de la Teranga, avait été arrêté par les autorités marocaines. Ce match secoué par des protestations, un abandon du terrain par les Sénégalais, un penalty manqué à la 90e+24... s'était soldé par une victoire du Sénégal 1 but à zéro après un but de Pape Gueye pendant les prolongations.
Depuis un mois, ces supporters sont en détention provisoire dans le royaume chérifien. Leur procès a été reporté à plusieurs reprises: ils ont d'abord demandé un délai pour préparer leur défense, puis une grève des avocats du Maroc a empêché le procès de se tenir. Il s'ouvre bel et bien ce jeudi. Les chefs d'accusation regroupés sous "hooliganisme" sont: des actes de violence notamment contre les forces de l'ordre, la dégradation d'équipements sportifs ainsi que des jets de projectiles.
Leur détention fait réagir au Sénégal. La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a publié un communiqué le 17 février en soutien aux supporters: "La Fédération reste solidaire de ses supporters, dont l'engagement constant aux côtés de nos équipes nationales est reconnu et apprécié". L'international sénégalais Pape Matar Sarr appelle lui à "leur libération" dans une publication sur X.
Le 7 février, les supporters avaient annoncé qu'ils débutaient "un jeûne continu dans la prière et le recueillement, jusqu'au jour où la justice marocaine nous donnera la chance de nous exprimer". Leur avocat Me Patrick Kabou a précisé que cette action était davantage un jeûne qu'une grève de la faim. Il a également déclaré sur RFI qu'ils "ne comprennent pas ce qu'on leur reproche".
Selon leur avocat, les supporters se plaignent en effet d'avoir été interrogés "en français et en arabe" alors qu'ils ne comprennent "que le wolof". Une barrière de langage déjà déplorée lors des débordements de la finale.
L'atmosphère était électrique dans les tribunes du stade Moulay-Abdellah de Rabat. Le score était de parité à la fin du temps réglementaire, lorsque l'arbitre de la rencontre a sifflé un penalty en faveur des Marocains. Le penalty de la discorde a suscité un élan de protestation côté Sénégalais, rarement observé lors de rencontres internationales.
Une partie des joueurs avait quitté le terrain. Et pendant que le chaos régnait sur la pelouse, en tribune, ce petit groupe d'ultras a enjambé les panneaux publicitaires pour aller confronter les forces de sécurité. Sur plusieurs vidéos, des chaises et d'autres projectiles volent, des bousculades éclatent, des coups sont échangés. Puis les stadiers, en supériorité, neutralisent les supporters.
Selon le quotidien sportif français L'Équipe, Me Patrick Kabou dément la version officielle. "Quand le penalty a été sifflé, des gens ont commencé à pousser de l'arrière de la tribune, défend-il. Pour ne pas se faire écraser, ils ont dépassé la barrière en demandant aux stadiers de leur laisser le temps de reculer, pour qu'ils puissent reprendre leur place. Mais ces supporters parlaient en wolof et ces stadiers leur répondaient en arabe, donc ils ne se comprenaient pas. Et, à leur grande surprise, un stadier a alors pris une chaise et l'a jetée sur eux", rapporte L'Équipe.
Après cette finale qui a marqué les esprits, des sanctions ont été émises par la Confédération Africaine de Football (CAF) à l'encontre des deux équipes. Le coach sénégalais a notamment été condamné à cinq matchs de suspension et 100.000 dollars d'amende pour avoir donné l'ordre à ses joueurs de quitter le terrain.
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