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[Can des footeuses] Des pelouses aux rédactions : Amina Dieng, parcours d’une pionnière du foot féminin

Auteur: Ndeye Astou Konaté (Envoyée spéciale à Tanger)

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[Can des footeuses] Des pelouses aux rédactions : Amina Dieng, parcours d’une pionnière du foot féminin

Il y a des destins que rien ne semble pouvoir détourner de leur voie. Celui d’Amina Dieng en fait partie. Si elle n’a pas pu devenir footballeuse professionnelle comme elle en rêvait enfant, elle est aujourd’hui l’une des figures les plus engagées du développement du football féminin au Sénégal.

Le foot est tout pour elle et son engagement pour son développement au Sénégal est total. «Toutes mes activités tournent autour du sport, surtout du football. Le football, c’est ma vie», lance-t-elle.

Elle a découvert la discipline dès l’âge de 7 ans, dans son quartier, en jouant avec les garçons. Une passion presque innée, nourrie par un père lui aussi amoureux du ballon rond, avec qui elle regardait les matchs.

Mais très tôt, le chemin se complique. Dans son entourage, on l’encourage à plus se concentrer sur les études et les tâches domestiques qu’à courir derrière un ballon. Ce qui ne l’a guère découragée. Amina s’accroche. Elle redouble d’efforts à l’école, obtient d’excellentes notes.

Toutefois, malgré les pressions, parfois même des violences morales et verbales, Amina ne renonce pas. Elle se fait la promesse de devenir quelqu’un dans le sport.

Pour réussir ce pari, elle se forme pendant quatre ans à l’académie Formation en études et en sport (FOJES) dirigée par une certaine Khadidiatou, ancienne présidente de la Commission féminine de la FSF et présidente des Sirènes de Grand-Yoff. Puis elle rejoint Cap des Biches, club de 2e division basé à Keur Mbaye Fall, où elle est encadrée par un coach appelé respectueusement «Tons».

Son plus beau souvenir de joueuse reste gravé dans sa mémoire. Il s’agit de son tout premier match officiel au stade Ngalandou Diouf, contre Atlantique de Rufisque, où elle marque un but directement sur corner. Un moment de bonheur pur et la récompense de tant d’efforts et de sacrifices.

Mais le destin en décide autrement. Une longue et grave maladie met brutalement fin à sa carrière. Le jour où le médecin lui annonce qu’elle ne pourra plus jamais rejouer au football restera le moment le plus douloureux de sa vie. Elle pleure pendant des mois. Son rêve de devenir footballeuse professionnelle s’effondre.

Pourtant, Amina refuse d’abandonner le sport. «Je me suis dit que je ne quitterais pas le monde du football à cause d’une maladie, se souvient-elle. Si je ne peux plus servir sur le terrain, je servirai autrement».

Après une tentative dans l’entreprise de BTP de son oncle, qui ne la comble pas, elle décide de suivre sa propre voie, malgré les critiques et les mots décourageants. Elle se forme, s’engage, travaille dans l’ombre… et construit patiemment sa reconversion.

C’est aussi à ce moment-là que commence son aventure dans la presse sportive. Sa reconversion dans les médias se fait naturellement, portée par sa passion pour l’analyse du jeu. Elle commence par publier régulièrement sur Facebook des analyses de matchs. Son regard pertinent attire l’attention de la journaliste Mame Fatou Ndoye, qui l’invite à participer à une bande-annonce d’une émission appelée "Faral sa Foot". Cette première expérience lui ouvre les portes des plateaux télé. Elle enchaîne ensuite les interventions, passe près de quatre ans à 13TV, puis deux ans à Dsport, avant de rejoindre Galaxy Sport, où elle évolue aujourd’hui en tant que coordinatrice.

Aujourd’hui, Amina Dieng est une dirigeante respectée du football sénégalais. Elle est manager générale de l’équipe féminine de Génération Foot, présidente de la Commission féminine de la Ligue de football de Dakar, présidente de l’association MMD, qui œuvre pour le développement du football féminin, membre de la Commission marketing et communication de la Ligue de football professionnel.

Récemment, elle a candidaté pour le poste de présidente de la Commission féminine de la FSF, où elle a terminé deuxième.

Avec son association, elle transmet déjà son expérience aux jeunes joueuses à travers des formations en leadership féminin, en sensibilisation à la santé mentale, anime des ateliers sur l’importance de concilier études, sport et culture. Pour elle, la carrière d’une footballeuse est courte et la reconversion doit se préparer très tôt.

Aujourd’hui, Amina reconnaît les progrès du football féminin sénégalais, notamment la création des sélections U15, U17 et U20. Mais elle pointe aussi les nombreux chantiers qui doivent encore être ouverts : plus de clubs, de meilleures conditions de match, des sections féminines dans les grands clubs, une académie fédérale 100 % féminine et surtout une meilleure gestion des budgets alloués au football féminin.

Concernant l’équipe nationale et la CAN, elle se montre optimiste. Selon elle, le Sénégal dispose d’une génération rare et d’un groupe capable d’aller en finale, tout en saluant l’excellente organisation marocaine. «Le Maroc est un pays de football et les autres nations africaines doivent s’en inspirer», dit-elle.

Elle lance aussi un message aux jeunes joueuses : «Croyez en vous, même quand personne n’y croit. Travaillez, restez disciplinées, ne négligez jamais les études et préparez votre avenir. Le football est une chance, mais la vie ne s’arrête pas au terrain. Chaque pas que vous faites aujourd’hui construit l’avenir du football féminin de demain. »

Malgré son rêve brisé de devenir joueuse professionnelle, Amina incarne aujourd’hui une dirigeante influente.

Auteur: Ndeye Astou Konaté (Envoyée spéciale à Tanger)
Publié le: Mercredi 07 Janvier 2026

Commentaires (2)

  • image
    Moss dess il y a 1 jour
    Ani makiyasse bi way
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    Karim-USA il y a 1 jour
    Bravo à elle. Personnellement, je suis toujours trop content de voir une belle fille sénégalaise teint noir, naturelle, sans khéssal ni perruque. La simplicité, c’est de l’art. Parfois quand je vois des filles sénégalaises j’ai trop honte, parce qu’on a pas l’impression qu’elles viennent de chez nous mais plutôt d’Asie, Chine ou Europe. Soyez belles et naturelles. Arrêtez de copier les autres.
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    Karim-USA il y a 1 jour
    Bravo à elle. Personnellement, je suis toujours trop content de voir une belle fille sénégalaise teint noir, naturelle, sans khéssal ni perruque. La simplicité, c’est de l’art. Parfois quand je vois des filles sénégalaises j’ai trop honte, parce qu’on a pas l’impression qu’elles viennent de chez nous mais plutôt d’Asie, Chine ou Europe. Soyez belles et naturelles. Arrêtez de copier les autres.

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