[Récap] Sénégal-Maroc : Dix jours de séisme, un trophée sauvé et une facture salée
Le verdict est tombé comme un couperet mercredi soir. Dix jours après la finale la plus électrique de l'histoire de la Coupe d'Afrique des Nations, la Commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF) a rendu son arbitrage. Le sélectionneur des Lions de la Téranga, Pape Thiaw, écope d'une suspension de cinq matches et d'une amende individuelle de 100 000 dollars (environ 60 millions FCFA). Un coup dur qui vient clore deux semaines d'une intensité rare, où le sport a failli basculer dans la crise diplomatique.
Une finale au bord de l'implosion
Tout a basculé à la 89ème minute de ce Sénégal-Maroc au complexe Moulay Abdellah de Rabat. Alors que le score était de 0-0, l’arbitre, après consultation de la VAR, accorde un penalty aux Lions de l’Atlas. C'est l'étincelle : sur instruction de Pape Thiaw, les joueurs sénégalais quittent le terrain en signe de protestation, provoquant un arrêt de jeu de plusieurs minutes et un début d'envahissement de pelouse par des supporters furieux.
Si le penalty est finalement manqué par Brahim Diaz et que le Sénégal finit par s'imposer en prolongation grâce à un but libérateur de Pape Gueye (1-0), le mal était fait. La CAF a fustigé un « comportement antisportif » et une « atteinte à l'image du football ». En plus du sélectionneur, les attaquants Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr sont suspendus pour deux rencontres. La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) devra, elle, s'acquitter d'une note salée de 615 000 dollars, soit environ 370 millions FCFA, pour le comportement de ses troupes et de son public.
La foudre de Zurich et la condamnation de la CAF
Dès le lendemain du match, le président de la FIFA, Gianni Infantino, présent en tribune, n'avait pas mâché ses mots, qualifiant les scènes de « totalement inacceptables pour le football mondial ». De son côté, la CAF, via un communiqué cinglant, avait immédiatement ouvert une enquête, dénonçant une rupture du contrat de fair-play qui lie les nations africaines.
Cette sortie a ouvert la porte à une quinzaine de jours de turbulences médiatiques. Sur les réseaux sociaux, une véritable « guerre des influenceurs » a éclaté entre Dakar et Casablanca, chaque camp s'accusant mutuellement de corruption arbitrale ou de manque de respect. La tension est montée d'un cran avec la détention provisoire de 18 supporters sénégalais à Rabat, accusés de hooliganisme.
L'appel au calme des Sages
Face à l’escalade, les autorités politiques et religieuses sont montées au créneau pour éteindre l'incendie. En visite officielle au Maroc pour la Grande Commission mixte, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à dédramatiser : « Les dérapages de la finale ne peuvent être considérés comme des fractures entre les deux pays. Ce sont des excès isolés liés à l'émotion. La force de nos relations réside dans notre capacité à ne pas laisser l'émotion décider du sens de l'histoire. »
Dans le même esprit de fraternité, le Roi Mohammed VI a « sifflé la fin » de la discorde par un message solennel : « La fraternité interafricaine doit naturellement reprendre le dessus. Ne cédons ni à la rancœur ni à la discorde. Ce succès organisationnel est celui de tout le continent. »
Le volet spirituel n'est pas resté en reste. Le Cheikh des Tidjanes, autorité morale majeure reliant les deux peuples, a exhorté les fidèles à la retenue : « Le sport doit être un pont de paix, non un mur de division. Préservez les liens de sang et de foi qui unissent le Sénégal et le Maroc depuis des siècles. »
Le Sénégal champion, le Maroc sanctionné
Au bilan financier, l'addition est lourde pour Dakar (près de 430 millions FCFA au total avec l'amende du coach), mais le Sénégal conserve l'essentiel : son trophée. La réclamation du Maroc, qui demandait la disqualification des Lions pour abandon de terrain, a été rejetée par la CAF.
Le Maroc, de son côté, ne sort pas indemne de ce jury disciplinaire. La Fédération Royale Marocaine (FRMF) est condamnée à 315 000 dollars d'amende (environ 190 millions FCFA) pour le comportement des ramasseurs de balle et l'invasion de la zone VAR par son staff. Sur le plan sportif, des cadres comme Achraf Hakimi et Ismaël Saibari manqueront également les prochains matches officiels.
En somme, si le portefeuille de la FSF est sérieusement entamé, le Sénégal garde sa couronne sur la tête. Un dénouement qui permet enfin de respirer, et qui ferme momentanément la page d'une séquence mouvementée.
Commentaires (18)
https://c.org/hNtfFCLfvk
Signez et partagez la pétition pour maintenir une CAN tous les 2 ans, C'est trés important!!!!
Nous ne pouvons pas accepter le diktat de Infantino.
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En attendant, j’attends de voir la CAF, elle-même, s’auto-sanctionner car elle a été tout sauf exemplaire. Je l’accuserais même, s’il le fallait, de complicité de tricherie flagrante.
Je me marre. Tout le monde veut faire comme si pareille chose ne ‘s’était jamais produit dans le monde du foot. Parce que cela se passe en Afrique, on nous emmerde encore pour mieux nous mépriser ?
Pour les plus jeunes, il s’est passé pire en coupe du monde 1982. Un cheikh koweitien était carrément descendu des tribunes pour arrêter le match et faire annuler un but de la France contre son petit pays. Non seulement personne ne l’a embêté, mais en prime il a obtenu ce qu’il voulait. Sanction ? Que dalle ! Au contraire, un cordon sécuritaire était même dressé autour de lui. Quand je vois Infantino qui s’en mêle, je trouve ça fort de café.
Même pas 1 franc pour lui.....
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