Sacre des Lions : derrière les 4,2 milliards F CFA de prime de la CAF
Dans un entretien accordé à L’Observateur, le Dr Diène Ousseynou Diouf, enseignant-chercheur à l’Université Assane Seck de Ziguinchor et spécialiste en management du sport, estime que le football sénégalais demeure largement sous-exploité sur le plan économique. Il dresse ce constat au lendemain du deuxième sacre continental des Lions.
Selon lui, la victoire à la CAN ne se limite pas au prestige du trophée. Elle génère des retombées directes massives, notamment avec la prime de 7 millions de dollars (environ 4,2 milliards de francs CFA) versée par la CAF au vainqueur, laquelle profite à la Fédération et aux clubs locaux. À cela s'ajoutent des retombées indirectes marquées par une explosion de la consommation nationale (maillots, téléviseurs, produits festifs) stimulant les secteurs formel et informel, ainsi que l’hôtellerie.
L'expert souligne également les bénéfices immatériels liés au renforcement de la « marque Sénégal », un levier majeur pour le tourisme et l’attractivité des investissements. Pour passer d’une victoire symbolique à une réussite économique durable, l'enseignant-chercheur précise que trois secteurs stratégiques doivent être prioritairement investis. D’abord, le marketing et les droits télévisés, qui constituent un levier majeur de valorisation du championnat local et des produits dérivés. Aujourd’hui, l’essentiel des revenus liés à la vente de maillots et d’accessoires échappe aux circuits formels, au profit du secteur informel.
Ensuite, les SportTech et l’exploitation de la data représentent un champ d’opportunités encore largement inexploité. L’usage de l’intelligence artificielle, aussi bien pour l’amélioration des performances que pour le scouting et la gestion des clubs, connaît une croissance fulgurante à l’échelle mondiale, alors que le Sénégal y reste quasiment absent.
Enfin, le développement des services professionnels apparaît indispensable pour capter et retenir la valeur ajoutée sur le territoire national. Il s’agit notamment de structurer des métiers spécialisés tels que les juristes du sport, les agents de licences ou encore les gestionnaires de patrimoine sportif, afin de professionnaliser l’écosystème et renforcer sa compétitivité.
Face à ce potentiel insuffisamment valorisé, l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias déplore la marginalisation des experts locaux dans la réflexion stratégique. Il plaide ainsi pour l’organisation d'Assises du Sport inclusives, à l'image du modèle marocain, en réunissant officiels et spécialistes - y compris ceux de la diaspora - pour transformer le sport en un véritable moteur de croissance économique.
Commentaires (10)
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