Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba : Guy Marius Sagna met en cause la gestion sécuritaire de l’État
La mort de l’étudiant Abdoulaye Ba lors des manifestations estudiantines à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar a relancé le débat sur les méthodes de maintien de l’ordre et la responsabilité des forces de défense et de sécurité (FDS).
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 11 février 2026, le député Guy Marius Sagna a condamné ce qu’il qualifie de "dérives graves" dans la gestion sécuritaire de l’État. « Il n’est pas acceptable qu’un citoyen soit assassiné dans le cadre du maintien de l’ordre », a-t-il déclaré, affirmant condamner « l’assassinat de l’étudiant Abdoulaye Ba » ainsi que « les violences des forces de défense et de sécurité qui relevaient plus de la haine, de la cruauté que du maintien de l’ordre ».
Pour le parlementaire, la mort de l’étudiant n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un appareil sécuritaire resté inchangé malgré l’arrivée au pouvoir de Pastef qui a prôné une rupture. « Qu’est-ce qui a été fait depuis avril 2024 pour transformer, changer la formation des agents des forces de défense et de sécurité dans le but de la décoloniser ? », s’interroge-t-il.
Monsieur Sagna met en garde contre la reproduction de tels drames si aucune réforme de fond n’est engagée. « Si nous utilisons l’appareil des FDS que nous avons trouvé sur place sans le changer, sans le réformer, sans le révolutionner pour le mettre au service des populations, nous allons avoir d’autres Abdoulaye Ba », prévient-il.
Également, GMS interpelle le gouvernement sur les dossiers des victimes de violences antérieures. « Où en sont les dossiers de ceux qui ont été assassinés avant avril 2024 ? », demande-t-il, estimant que l’absence de vérité et de justice crée un climat d’impunité.
« En ne faisant pas lumière et vérité sur ces dossiers, le gouvernement fait dans la continuité : donner un permis de tuer à certains agents des forces de défense et de sécurité », accuse-t-il.
En ce sens, il appelle à des mesures immédiates et concrètes. « Il faut faire la lumière sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Il faut libérer les étudiants. L’État doit prendre en charge tous les étudiants blessés », a-t-il exigé estimant néanmoins que l’apaisement passe aussi par le dialogue.
« Il faut poursuivre le dialogue avec les représentants des étudiants », a-t-il indiqué, appelant également ces derniers à revoir leurs stratégies de mobilisation.
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