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DEPARTEMENT DE BAMBEY - Communauté rurale de Ndondol : L’installation d’un système solaire photovoltaïque divise les populations

Auteur: Boucar Aliou Diallo

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Les populations de Ndondol vont battre le macadam le 16 mars pour s’opposer à l’installation d’un système solaire photovoltaïque. La réunion d’hier a été une occasion pour les conseillers de l’actuelle majorité présidentielle de bouder les travaux et de dire qu’ils vont s’opposer par tous les moyens à l’implantation de ce projet qui va leur faire perdre des terres. N’empêche, la réunion du Conseil rural convoquée pour examiner cette question a permis à l’équipe de la collectivité locale de recueillir 27 avis favorables sur 30 conseillers présents.

Les débats ont été houleux samedi au siège du Conseil rural de Ndon­dol où les conseillers devaient examiner le projet d’installation d’une ferme solaire. Un projet  d’un  coût de 2 milliards 648 millions 100 mille francs et qui à terme, va générer 100 emplois et nécessiter 100 ha. Ce qu’une partie des  propriétaires terriens refuse catégoriquement. D’ailleurs, ils ont prévu de marcher le 16 mars pour exprimer leur colère à l’endroit du projet qui risque, à leurs yeux de les dépouiller de leurs terres cultivables. Samba Ngom, un des propriétaires opposés au projet indique : «Le projet a été biaisé. C’est archi-faux, les 2/3 ne sont pas d’accord comme ils le prétendent.  Les gens sont foncièrement contre le projet. Ils sont contre les intérêts de Ndondol. Nous allons faire de notre mieux pour que le projet ne passe pas. Nous allons entrer en contact avec les autorités supérieures de ce pays pour leur ex­pliquer que ce qui s’est passé est de la forfaiture.  Le sous-préfet a dit qu’avant d’approuver la délibération, il faut qu’il rencontre le promoteur. Pourquoi eux, ne le feraient pas ?»

Certains conseillers refusent de voter

A sa suite Déthié Gning, un conseiller rural qui est contre le projet, confie : «On ne peut pas examiner une chose sans au préalable connaître ce qui a été dit dans le document. Les jeunes de­puis quatre années vous de­mandent un terrain de foot et vous refusez. Et actuellement, vous voulez délibérer sur vingt hectares pour un promoteur privé. Je ne vais pas voter parce que je suis contre le projet. Je ne vais pas voter, parce qu’il y a vice de procédure. On a violé l’ordre du jour. Quand on parle d’examen, tous les conseillers devaient avoir le minimum : le document de la procédure qu’on va suivre. On ne va pas violer les textes. Quand il y a vice de procédure, le sous-préfet doit demander d’arrêter. Ce qui n’a pas été fait.»

Des propos corroborés par son collègue  Babacar Diouf  qui renchérit : «Avant la délibération, il fallait discuter avec les propriétaires des terres et les informer de l’importance du projet. Nous avons refusé de voter, parce que nous n’avons pas été imprégnés du document.»

Tout le contraire de Ousmane Waly Sène qui laisse entendre : «Nous sommes d’accord avec ce projet, car il va contribuer au développement de cette Com­mu­nauté rurale. Ceux qui sont pour, sont cent fois plus nom­breux que ceux qui disent le contraire.»

Interpellé sur les accusations, Abdou Sène répond : «Ce sont les habitants qui sont venus vers nous spontanément. Nous avons adopté cette démarche que nous pensions être la meilleure. Je ne crois pas qu’il y avait une anomalie en adoptant une telle démarche. C’est l’intérêt de Ndondol qui passe en premier. Ils seront dédommagés et accompagnés. Il est disposé à accorder an­nuellement 1 à 2% sur ses dividendes. C’est une valeur ajoutée de ce que la ferme va générer pour la communauté rurale».

Sur le vice de forme dont les contempteurs du projet l’accusent, Sène dégage en touche : «Il n’existe pas. De fond en comble, ces gens-là connaissent ce projet.»

Toutefois le sous-préfet de Ngoye a tenu à rassurer les con­seillers : «On est là, on suit. Après la réunion, il faut que le promoteur s’asseye autour d’une table avec  le Conseil rural en notre présence. Durant cette rencontre, il va s’engager et clarifier toutes les retombées du projet pour les populations. Je vais ensuite con­tresigner ce procès-verbal. Il va respecter tout ce qu’il a dit dans le protocole à savoir : construire une Case des tout-petits et remettre pendant deux ans des semences aux populations. On ne peut pas approuver tant qu’on n’a pas tous les documents annexes, le protocole d’accord qui lie le promoteur avec les exploitants et avec le Conseil rural etc. On ne va pas approuver un document les yeux fermés. Il faut aussi qu’on voit comment les populations vont en tirer des profits. La Communauté rurale ne peut pas recouvrer à 100% les taxes rurales. J’ai dit au président de mettre en place une commission de six membres.»

Menace du sous-préfet de quitter les travaux

Des propos qui n’ont pas con­vaincu une partie des con­seillers. D’ailleurs sur ces entrefaites, le  sous-préfet a failli quitter la salle de réunion, lorsque le conseiller Babacar Diouf a demandé s’ils ont vendu ou non les terres. Et si tel est le cas, à combien ils ont vendu les terres en question. Atteint dans son amour propre, Ibrahima Barry dira ne pas accepter d’invectives et des paroles grossières à son endroit. Finalement, il a été retenu.

Ce projet qui suscite la colère des habitants de Sessène 2 et une partie des conseillers est l’installation d’un système solaire photovoltaïque de 1 mégawatt par la société Senergy. Cette usine produira 5,7 millions de Kwh d’électricité solaire par an, soit suffisamment pour alimenter environ 1 900 ménages d’énergie propre produite par la centrale solaire. Ce qui permettra d’éliminer 3 750 tonnes de Co2 qui autrement seront émis dans l’atmosphère, lit-on dans une correspondance adressée au président du Conseil rural de Ndondol.

Pour rappel, la communauté rurale de Ndondol  se situe dans le département de Bambey et compte 23 mille habitants, 16 villages  pour une superficie de 100 km2.

Auteur: Boucar Aliou Diallo
Publié le: Mardi 12 Mars 2013

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