Homosexualité au Sénégal : La position tranchée et assumée de Fatou Diome
Invitée de la chaîne YouTube "Prieuré Sainte Marie", l’écrivaine franco-sénégalaise Fatou Diome a évoqué la situation des homosexuels dans son pays d’origine. Elle a vivement dénoncé la traque dont ils sont victimes.
« La bêtise dans certains pays africains, c'est de dire : 'Ah, l’homosexualité, ça vient d’ailleurs, ce n’est pas notre culture, ça n’existe pas chez nous'. C’est une formidable fumisterie. C’est par exemple, dire que ces pays-là, ne font pas partie de la société humaine », a-t-elle chargé d’entrée.
« Ce que les autres font dans leur lit, ça ne me regarde pas… »
Il faut, d’après la femme de lettres, considérer l’homosexualité comme l’équivalent de la laïcité 'où on laisse les gens tranquilles avec leur foi et leur manière de croire et de pratiquer leurs religions'.
« Moi je suis définitivement hétéro. On est clair là-dessus. Mais ce que les autres font dans leur lit, ça ne me regarde pas…J’aimerais qu’on laisse les gens (tranquilles) dans leurs sphères intimes », a poursuivi la native de Niodior, non sans évoquer une réalité sociétale qui laisse soupçonner que l’homosexualité existait depuis plus d’une quarantaine d’années dans son pays d’origine.
« Gôor-jigéen » , les hommes-femmes
« Au Sénégal, on avait les gôor-jigéen. Si le terme existe c’est que cette réalité existe. Gôor-jigéen, c’est homme-femme. Moi quand j’étais petite, il y avait des danses, et (c’était) des hommes très soignés, très élégants qui organisaient tout ça. Tout le monde savait que ces gars-là, ce n’était pas des hétéros stricts comme on le dit. Et pourtant, parfois, ils n’avaient pas de boulot et ils vivaient bien. Ils mangeaient bien, s’habillaient bien et avaient de beaux bijoux. Qui les finançait ? Qui les entretenait ? Si on veut vraiment poser la question, il faut aller jusqu’au bout. Cela ne vient pas ex-nihilo », a déclaré l’écrivaine.
Elle pense que le Sénégal ne doit pas sombrer dans une « perversité sociale » parce que, aller « interroger la simple sexualité de quelqu’un, c’est une perversion sociale.
« Les personnes, quelles que soient leurs orientations sexuelles, ça reste des citoyens avec les mêmes droits », soutient la femme de lettres franco-sénégalaise.
« Quand on met en danger la vie d’autrui, on doit être puni et sévèrement »
Elle a toutefois tenu à faire le départ entre la traque aux homosexuels et la transmission volontaire du VIH Sida par ces derniers.
« Au pays, il paraît qu’il y a des gens qui ont fait des contaminations volontaires de maladies, ça, c'est une question de légalité, de code civil. Quand on met en danger la vie d’autrui, on doit être puni et sévèrement », a déclaré Fatou Diome.
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