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Meurtres à répétition : Trop de sang a coulé ce mois d’Août !

Auteur: Ndeye Fatou Ndiaye (Stagiaire)

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Très récurrent ces derniers temps, le meurtre semble devenir banal au pays de la téranga. En effet, beaucoup de cas de meurtre ont été dénombrés, rien que durant ce mois-ci. Le cas de Mme Sanchez Fama Diop, à Yoff virage, abattue par son mari qui s’est ensuite donné la mort le 13 août. Celui du talibé Thiessois sauvagement tué à coups de poignard le 11 août, en a ému plus d’un. A Louga aussi, un taximan froidement abattu le 14 du même mois. A Touba, c’est un adolescent qui a été poignardé à mort par son ami. Il n’avait pourtant que 16 ans. Et plus récemment un Baay fall, vendeur de café ‘’Touba’’, à la fleur de l’âge, tué devant le siège de Walfadjri en pleine rue le 17 août. La liste est longue. Mais, ces drames, sont encore frais dans les esprits, tant la violence des actes a déconcerté plus d’un.

Les Sénégalais diagnostiquent

 

De l’avis des apprentis juristes, les causes de ces actes sont nombreuses et variées. Ils évoquent le manque de sanction, la nervosité. De leur avis, certaines personnes, auteurs de tels faits, présentent des maladies psychiques. Pape Demba Ciss est en troisième année de thèse en Droit privé à l’Ucad. Jeune instituteur d’une trentaine d’années, noirceur d’ébène, habillé d’une d'une chemise rose et d’un pantalon gris, il analyse: « Les gens sont devenus de plus en plus nerveux, aujourd’hui. Ils dégagent un sentiment de haine, de vengeance. C’est  dans ce contexte qu’on est en train de vivre. Certaines personnes parmi nous, psychologiquement, ne disposent pas de toutes leurs facultés mentales. Elles doivent être resocialisées. Ce n’est vraiment pas commode de voir des individus s’entretuer». L’autre aspect, qu’il met en exergue, c’est l’usage des stupéfiants: «Aussi, l’usage des stupéfiants peut conduire la personne à avoir des comportements criminels. Parce qu’elle est sous l’emprise de la drogue. Toutefois  La criminalité de certains est liée à la situation socio-économique d’où le comportement inhumain. Chaque individu a une part d’animosité et cette dernière ne se réveille que si la personne n’est pas encadrée», explique le Docteur en droit.

Corser les sanctions, la solution ?

Et selon Pape Demba, «la manière dont le code pénal est appliqué, pose problème car  les sanctions deviennent plus légères. En faisant allusion au code pénal, les meurtres sont classés dans la catégorie des contraventions et c’est dommage que la peine de mort soit abrogée. Aujourd’hui,  c’est la perpétuité qui est appliquée avec travaux forcés». Mais, M. Ciss estime que la peine de mort peut être appliquée dans certains cas comme celui du Baay fall récemment tué au vu et au su de tout le monde. De son avis, il faut alourdir les peines pour dissuader et prévenir.

Papa Moussa Saliou Gueye est docteur en droit public. Pour lui, «ce qu’on voit actuellement dans nos sociétés, n’est rien d’autre que le reflet des conflits qui sévissent en Afrique et dans le monde». «Le terrorisme qui est présent un peu partout en est un exemple. De ce fait la tuerie est banale et abattre quelqu’un est devenu un simple  jeu. Certains, influencés par ce qu’ils voient dans les médias, peuvent être tentés de commettre ce genre d’actes ou de les banaliser. Il faut que l’on revoie le mode des sanctions instaurées. Il faut que la punition soit dure!», suggère le chercheur.

Loin du temple du savoir, à la Sicap, nous avons rencontré une dame de teint clair, voilée d’un foulard jaune en train d’égrener son chapelet sous un arbre à palabres, qui a préféré garder l’anonymat. Elle estime que «la violence aujourd’hui adoptée par la jeunesse est due au chômage et à la drogue. C’est devenu fréquent. Le temps est venu d’appliquer la peine de la mort comme la Gambie afin de calmer cette situation désastreuse», réclame la dame !

Avis du sociologue Diabel Ndiaye :

«L’amplification des informations sur les crimes pousse à penser que ces derniers prennent de l’ampleur»

De l’avis du sociologue Diabel Ndiaye, la forte médiatisation a tendance à faire croire que les cas de meurtre sont devenus beaucoup plus récurents : «Chaque crime noté ici a sa spécificité. Les auteurs sont différents et du point de vue juridique ils ne sont pas encore jugés. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le crime comme fait, est une réalité inhérente à toute société. Toutefois, il est aujourd’hui très médiatisé et fait l’objet d’une promotion très importante de la part des médias. Un meurtre qui se passe à Dakar est vite repris  et amplifié par tous les médias, y compris dans les médias des plus grands groupes de presse. La présence des médias et l’amplification des informations sur les crimes nous poussent à penser que ces derniers prennent de l’ampleur. Du point de vue historique, les crimes ont toujours existé au Sénégal mais n’étaient visibles comme ils le sont aujourd’hui », estime-t-il. 

Auteur: Ndeye Fatou Ndiaye (Stagiaire)
Publié le: Jeudi 27 Août 2015

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