Au cœur des échanges, les autorités sanitaires, les responsables de l'Institut Pasteur de Dakar (IPD) et les partenaires techniques ont réaffirmé une ambition commune qui est de faire du Sénégal un pôle régional de production de vaccins. Mais l'équation financière reste à résoudre pour accélérer la montée en puissance industrielle.
Une souveraineté sanitaire encore sous contrainte budgétaire
Le secrétaire général du ministère de la Santé et président du comité de pilotage a reconnu l'existence de tensions sur le financement, tout en appelant à une mobilisation élargie. « La question du financement est centrale dans cette ambition de réaliser la souveraineté sanitaire », a-t-il indiqué, évoquant un déficit identifié dans la mise en œuvre de certains volets du programme.
Selon lui, des mécanismes de correction sont déjà envisagés à travers les instances de suivi, notamment la Delivery Unit du ministère de la Santé, en lien avec les structures économiques de l'État. L'objectif affiché est de lever les goulots d'étranglement, notamment en s'appuyant sur des outils de financement innovants.
;Entre autres, il faut noter les partenariats public-privé (PPP), la mobilisation du secteur privé, l'appui des partenaires techniques et financiers, et la coordination avec le ministère de l'Économie.</p> <h3>L'Institut Pasteur de Dakar en phase de relance industrielle
Sur le plan technique, l'Institut Pasteur de Dakar confirme la reprise progressive de la production de vaccins, notamment celui contre la fièvre jaune, dont la fabrication avait été interrompue pendant plusieurs années.
Pour l'administrateur général de l'IPD, le professeur Ibrahima Socé Fall, cette relance marque un tournant stratégique. « Nous avons réinvesti dans les capacités et les procédures, et nous sommes aujourd'hui dans une phase de reprise de la production du vaccin contre la fièvre jaune », a-t-il expliqué.
Le projet s'inscrit dans une vision plus large de souveraineté sanitaire, avec le développement d'autres vaccins, notamment contre la rougeole et la rubéole, ainsi que des innovations en matière de diagnostic.
L'Institut Pasteur met également en avant des avancées scientifiques majeures, dont le développement du premier test de diagnostic rapide de la rougeole au monde.
Au-delà de la production actuelle, le Sénégal vise une montée en puissance structurelle
Le projet industriel baptisé "Madiba", dédié à la production vaccinale à grande échelle, est projeté à l'horizon 2030, en partenariat avec l'Union africaine et le CDC Afrique. L'objectif est de bâtir une chaîne complète allant de la recherche à la production industrielle, dans une logique de souveraineté sanitaire africaine.
« Nous avons pris l'option d'avoir des capacités locales de production de bout en bout. Cela peut prendre du temps, mais c'est un investissement durable », a souligné le Pr. Socé Fall.
Un soutien international structurant
Les partenaires techniques et financiers, dont Enabel, ont réaffirmé leur engagement dans ce programme mis en place par le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique. Depuis 2021, les appuis cumulés dépasseraient 150 milliards F CFA, sous forme de prêts, dons et assistance technique.
Pour les partenaires européens, la souveraineté pharmaceutique dépasse les enjeux nationaux. « C'est une question de santé publique mondiale », a rappelé Patrick Bernard, représentant de la Team Europe, soulignant l'importance d'un écosystème intégré incluant recherche, formation et industrie.</p> <p>Yandé Diop</p>
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