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Thiès : Le calvaire des sans domicile fixe, ces oubliés qui dorment à la belle etoile

Auteur: Ablaye Gadiaga Sarr

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Thiès : Le calvaire des sans domicile fixe, ces oubliés qui dorment à la belle etoile

Entre choix assumé, précarité extrême et sentiment d’abandon, les sans domicile fixe (SDF) vivent dans des conditions inhumaines. Cette situation pose la question dérangeante d’une société qui semble avoir tourné le dos à une partie de ses enfants. À Thiès, les SDF font partie du paysage urbain, survivant entre mendicité, petits boulots et insécurité. Ils dorment à la belle étoile, dans les marchés, sous les abribus ou dans des garages.

Froid, insécurité et exil : le témoignage des adultes

Le froid, l’insécurité et la précarité rythment leur quotidien. Mamadou Diallo, un Guinéen arrivé au Sénégal fin 2024, s’est replié sur la capitale du Rail après un passage difficile à Dakar. « Depuis des mois, je dors dans ce garage. Je n’ai ni famille ici, ni les moyens de louer une chambre », confie-t-il, soulignant la difficulté à subsister en lavant des voitures, surtout en cette saison fraîche. Il insiste sur la peur constante : « On est souvent agressés. Je dors à moitié, toujours sur le qui-vive. Ce n’est pas sûr ici ».

Au marché central de Thiès, les étals vides laissent place, la nuit tombée, à des dortoirs de fortune faits de matelas usés et de cartons, notamment au « mbarou oudé » (l’atelier des cordonniers). Ousmane, originaire de la Casamance, assume pleinement sa marginalité. Après un mois de prison pour vol, il a fait du marché son refuge, survivant en revendant des déchets récupérés pour s'acheter de l’alcool et des cigarettes.

 Enfants fugueurs et victimes de rejet familial

La rue est également le refuge des plus jeunes et des victimes de fractures sociales profondes.

 Djily, un jeune garçon au visage fermé, est un talibé fugueur. Vêtu d’un pull-over trop large, il se recroqueville pour se protéger du froid, confiant avoir fui le daara (école coranique) à cause des coups. Il mendie pour survivre, craignant le retour chez ses parents qui pourraient l'y renvoyer.

 À la « Promenade des Thiessois », Pape, jeune Thiessois, a fui son foyer pour des raisons familiales : « Mes parents me battent. Ils veulent que je mène une vie qu’ils ont choisie. Je veux juste être libre. » Il dort dehors et mendie pour subvenir à ses besoins et à son alcoolisme.

 Bocar, assis seul en face de la Mairie, a été mis à la porte par sa famille, pourtant résidant à Thiès, parce qu'il fume du chanvre indien. « Aujourd’hui, j’ai tout perdu. Ma famille, mes amis… tout le monde m’a tourné le dos », raconte-t-il, le regard vide, hésitant à retourner chez lui par peur d'un nouveau rejet.

Ce que vivent Bocar, Pape, Djily, Mamadou et tant d’autres dans les rues de Thiès, est le résultat d’un enchaînement de fractures sociales : pauvreté extrême, violences familiales, dépendances, migration non encadrée ou absence de soutien psychosocial. Ces sans-abri, invisibles de jour, vulnérables de nuit, survivent entre insécurité, santé fragile et stigmatisation constante.

Auteur: Ablaye Gadiaga Sarr
Publié le: Dimanche 30 Novembre 2025

Commentaires (2)

  • image
    De passage il y a 5 heures

    Des familles irresponsables et mechantes

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    Jugement hâtif il y a 4 heures

    Jugement hâtif à mon sens et pas prudent. Les problèmes peuvent survenir aussi bien des parents que des enfants. La réalité est un peu plus complexe.

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    Anna il y a 1 heure

    Filles chaudes vous attendent sur -- Hot21.fun

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