Thiès : Un pêcheur jugé pour le viol d'une mineure de 16 ans lors du Gamou de Thiénaba
Âgé de 25 ans, S.M. Sène a comparu devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès pour viol, pédophilie et détournement de mineure. Il est accusé d'avoir imposé des rapports sexuels non consentis à F. Guèye, une mineure de 16 ans. Les faits remontent à la nuit du Gamou de 2021, à Thiénaba.
La victime a déclaré que, pour l'occasion, elle avait quitté Ngaparou pour s'installer au domicile de S.M. Sène. Selon ses propos, à la tombée de la nuit, l'accusé l'aurait conduite de force vers la voie ferrée pour l'agresser.
"Il m'a proposé d'aller ensemble à la cérémonie officielle du Gamou. Il m'a ensuite entraînée vers le chemin de fer, dans un lieu isolé. Il m'a allongée sur des cartons avant de me déshabiller. Quand j'ai commencé à crier, il m'a bâillonnée, puis il m'a pénétrée. Après son acte, il m'a demandé d'accuser un inconnu. Mais je suis retournée voir sa mère pour tout lui raconter", a confié F. Guèye. Sa mère réclame 500 000 FCFA à titre de réparation.
Le prévenu S.M. Sène a nié les accusations. "C'est vrai qu'elle était chez moi, mais nous n'avons jamais été seuls cette nuit-là. Je ne l'ai jamais emmenée au chemin de fer. La seule fois où nous sommes sortis ensemble, c'était pour aller à la boutique du coin. Je n'ai jamais eu de rapport sexuel avec elle", a contesté le mis en cause, tout en précisant qu'il entretenait de bonnes relations avec la victime et souhaitait l'épouser.
M. Diop, la mère du prévenu, a témoigné en faveur de son fils, affirmant que la victime ne lui avait jamais parlé de viol de la part de S.M. Sène. "Elle m'a raconté qu'ils discutaient au chemin de fer quand un individu les a surpris et les a menacés d'appeler la police. Elle a prétendu que mon fils s'était enfui et que c'est cet individu qui l'avait violée sous la menace d'un couteau. Mais je n'ai constaté aucune trace d'agression sur elle", a-t-elle relaté.
Pour le procureur de la République, le prévenu et sa mère ont tenté de maquiller les faits. Il a relevé qu'après l'incident, la victime se trouvait uniquement entourée des proches de l'accusé. Le parquet a souligné que la jupe tachée de sang constitue un élément de preuve accablant. Estimant la culpabilité établie, il a requis 10 ans de réclusion criminelle.
La défense, assurée par Me Ayi, a contesté cette lecture en signalant que le certificat médical versé au dossier fait état d'une "déchirure hyménéale ancienne". L'avocat a insisté sur le fait que la victime avait initialement accusé un inconnu, ce qui, selon lui, installe un doute sérieux. Me Ayi a plaidé l'absence d'élément matériel et a sollicité l'acquittement pur et simple.
L'affaire est mise en délibéré pour le 10 février 2026.
Commentaires (1)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.