Ziguinchor : La DNLT déjoue le stratagème de trois Nigérianes qui transformaient leurs compatriotes en prostituées
L'antenne régionale de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor trois ressortissantes nigérianes pour association de malfaiteurs, traite des personnes, tentative d'exploitation sexuelle, proxénétisme et extorsion de fonds.
Tout a commencé par une information anonyme faisant état de faits présumés de traite des personnes à des fins d'exploitation sexuelle. Selon la source, au courant du mois de décembre 2025, une femme de nationalité nigériane, Glory Ebangwu alias « Gift », aurait recruté et transporté une jeune compatriote, Ushahemba Mercy alias « Mercy », au Sénégal en vue de son exploitation sexuelle. La victime aurait été logée dans un appartement meublé au quartier Goumel, destiné à cette activité.
Au regard de la gravité des faits, une enquête a immédiatement été ouverte.
Convoquée et entendue, Ushahemba Mercy a confirmé sans ambiguïté les faits. Elle a déclaré qu'elle résidait au Nigéria où elle exerçait une activité de vente de vêtements, lorsqu'une cliente régulière, se présentant sous l'appellation « Madame Clothes », lui avait proposé une opportunité d'emploi légal et mieux rémunéré au Sénégal, par l'intermédiaire de sa sœur Glory, domiciliée à Ziguinchor.
Confrontée à des difficultés financières, elle a accepté. Glory Ebangwu lui a alors envoyé la somme de 130 000 francs CFA pour couvrir ses frais de transport terrestre vers le Sénégal, selon des sources de Seneweb.
À son arrivée, la réalité était tout autre. Il lui a été immédiatement exigé de se livrer à la prostitution, présentée comme une obligation en contrepartie des frais engagés pour son transport et son hébergement. Une dette fictive de 3 000 000 francs CFA lui a été imposée, assortie d'un versement hebdomadaire de 50 000 francs CFA directement encaissé par la mise en cause.
Avant de se révolter, la victime avait déjà versé un total de 400 000 francs CFA. Son refus de poursuivre les paiements a provoqué une vive altercation, à l'issue de laquelle elle a quitté précipitamment le domicile, estimant sa sécurité menacée.
Les aveux et la découverte du réseau
Interpellée et interrogée, Glory Ebangwu a d'abord reconnu avoir invité la victime au Sénégal, tout en niant la dette de 3 millions de francs CFA, affirmant n'avoir réclamé que le remboursement des frais de transport de 130 000 francs CFA.
Mais l'exploitation de son téléphone portable a été décisive.
Des enregistrements audio WhatsApp ont révélé des échanges conflictuels au cours desquels la victime contestait la dette de 3 millions de francs CFA et menaçait de saisir la police. Confrontée à ces éléments, la recruteuse est revenue sur ses déclarations et a reconnu avoir réclamé ladite somme.
Elle a également admis ne pas agir seule, révélant l'existence d'un réseau structuré impliquant « Madame Clothes », basée au Nigéria et chargée d'identifier les victimes, ainsi que ses deux complices interpellées dans les mêmes lieux : Blessing Iveren Chiahemba alias « Sugar » et Blessing Pleasure alias « Annabelle ».
Toutes trois collaboraient dans le recrutement de jeunes femmes au Nigéria, leur acheminement vers le Sénégal et leur exploitation sexuelle sous couvert d'une dette financière.
Interpellées à leur tour, « Sugar » et « Annabelle » ont unanimement confirmé les faits tels que décrits par la recruteuse principale.
Les trois mises en cause ont été déférées devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor.
Commentaires (4)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.