Aïssata Tall Sall à l'Hémicycle : « Ce n'est pas Farba Ngom qui est à la barre, c'est l'Assemblée nationale »
Lors des débats consacrés à la levée de l’immunité du député Farba Ngom, la parlementaire Aïssata Tall Sall a livré une plaidoirie vigoureuse. L'ancienne Garde des Sceaux a dénoncé des irrégularités procédurales majeures, mettant en garde contre ce qu’elle considère comme une atteinte grave aux prérogatives de l’Assemblée nationale du Sénégal.
Devant ses collègues, elle a d’abord rappelé la chronologie des faits qu’elle estime incontestables : le député a été fouillé, placé en garde à vue à la Gendarmerie nationale, puis déféré devant le procureur de la République. Selon elle, ce n’est qu’après l’exécution de ces actes de contrainte que la question de l’immunité parlementaire a été soulevée, entraînant l’arrêt provisoire des poursuites. Pour la députée, le vice est originel : « Ce qui est contesté, ce qui est contestable et ce qui est illégal, c’est la procédure qui a été engagée », a-t-elle martelé.
Une dénonciation de violations des droits fondamentaux
Dans son intervention, Aïssata Tall Sall s’est particulièrement insurgée contre l’exploitation du téléphone portable du parlementaire. Elle estime que l’appareil a été consulté hors de la présence de son propriétaire et de ses avocats, ce qu’elle qualifie de violation manifeste des garanties légales.
« Ce qui est illégal, c’est d’avoir ouvert le téléphone sans sa présence et sans celle de ses avocats », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que la diffusion d’éléments supposément extraits de cet appareil porterait une atteinte grave au droit à la confidentialité des communications, un principe protégé par la Constitution et les textes encadrant les communications électroniques.
Au-delà du cas individuel, la parlementaire a donné une dimension institutionnelle au débat. Pour elle, l’enjeu dépasse la personne de Farba Ngom et touche au cœur même de la démocratie sénégalaise. « Cet après-midi, ce n’est pas un homme qui est à la barre. C’est l’Assemblée nationale », a-t-elle soutenu, craignant que cette affaire ne crée un précédent permettant de contourner la protection des députés.
Brandissant le règlement intérieur de l’institution comme un rempart, elle a appelé ses collègues à la vigilance : « Si nous laissons passer cette affaire, alors déchirons le règlement intérieur. Il n’aura plus de sens. »
Aïssata Tall Sall a conclu son allocution par une métaphore marquante, exhortant les députés à préserver l’autonomie du pouvoir législatif face à l’exécutif : « Dans la galaxie de la démocratie, l’Assemblée nationale est le soleil. Refusez l’éclipse qui vous est proposée. »
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