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Awa Guèye Kébé : « Nous n'avons pas le droit de laisser se disperser l'héritage politique de Wade »

Auteur: Yandé Diop

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Awa Guèye Kébé : « Nous n'avons pas le droit de laisser se disperser l'héritage politique de Wade »

À l'occasion du centenaire de l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, l'ancienne ministre d'État Awa Guèye Kébé a livré un témoignage empreint de fidélité politique, mais aussi de préoccupations pour l'avenir de la famille libérale. Invitée du Jury du Dimanche sur iRadio, elle a révélé avoir entrepris, après les divisions qui ont marqué le camp libéral, plusieurs initiatives visant à préserver l'héritage politique légué par Abdoulaye Wade. « Nous n'avons pas le droit de laisser se disperser cet héritage politique et permettre à d'autres formations de se construire sur le camp libéral », a-t-elle déclaré. Selon elle, les ambitions personnelles et les rivalités apparues après le départ du pouvoir du Parti démocratique sénégalais ont fragilisé une famille politique qui avait pourtant marqué durablement l'histoire du Sénégal. Face à cette situation, Awa Guèye Kébé affirme avoir mené de nombreuses consultations avec différents responsables afin d'explorer les possibilités d'un rapprochement. Elle indique même avoir sollicité l'aval de Wade lui-même pour engager ce travail de concertation.

Le pari réussi des femmes libérales

Constatant les difficultés à réunir les différents courants politiques, l'ancienne ministre dit avoir choisi une autre voie : celle des femmes. C'est ainsi qu'est née l'idée d'une plateforme regroupant les femmes libérales de toutes sensibilités politiques. À l'époque, reconnaît-elle, nombreux étaient ceux qui jugeaient l'initiative irréaliste, notamment dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques entre pouvoir et opposition. « On me disait que ce n'était pas possible. Mais je répondais qu'il fallait essayer pour identifier les obstacles et les surmonter », raconte-t-elle. Contre toute attente, l'expérience a porté ses fruits. Les participantes ont progressivement transformé cette plateforme en un véritable Réseau des femmes libérales du Sénégal, qui poursuit aujourd'hui ses activités. Pour Awa Guèye Kébé, cette réussite témoigne de la maturité politique des femmes et de leur capacité à dépasser les clivages partisans lorsque l'intérêt supérieur d'une famille politique est en jeu.

Faire émerger une nouvelle génération de leaders

Au-delà du dialogue entre les différentes composantes du libéralisme sénégalais, l'ancienne ministre estime que le principal défi consiste désormais à faire émerger une masse critique de femmes capables d'influencer les orientations politiques du camp libéral. Elle appelle à la construction d'un leadership collectif fondé sur la concertation et le respect mutuel, plutôt que sur les querelles de personnes. Sans se prononcer sur un éventuel rassemblement des différentes chapelles libérales, elle demeure convaincue qu'un dialogue permanent peut permettre aux futurs leaders de trouver des terrains d'entente. « Il est possible de continuer à se concerter et à dialoguer », estime-t-elle. Awa Guèye Kébé va même plus loin en affirmant que certaines femmes disposent aujourd'hui de la stature nécessaire pour prétendre au leadership de cette mouvance politique.

Alors que le Sénégal célèbre les cent ans de celui qui demeure l'une des figures majeures de son histoire politique contemporaine, Awa Guèye Kébé lance ainsi un appel à préserver ce qu'elle considère comme l'essentiel du legs de l'ancien président : la capacité à fédérer les énergies autour d'une vision commune. Un message qui résonne comme une invitation à repenser l'avenir du libéralisme sénégalais à l'heure des recompositions politiques.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Dimanche 07 Juin 2026

Commentaires (4)

  • image
    Diambar il y a 8 heures
    Idrissa Seck est la solution
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    Xeme il y a 8 heures
    Rappel de mes textes sur Wade en 2012, quand les sionistes qui le combattaient ont fini d'installer leur Macky Sall. Les orientations politiques de Wade que la presse veut enterrer. A la prise de pouvoir en 2000, l’un des premiers actes a été la réorientation vers de nouveaux partenaires économiques. Et c’est ce qui avait donné le choix de la Chine Mère sur la petite Chine dite Taïwan. En réponse à cette réussite la presse a créé la bulle médiatique des 7 milliards de Taïwan. En vérité le but était de salir une belle décision. Mais pour qui connait les actionnaires de cette presse cela n’est pas une surprise. L’Occident tient le monde par les médias. Et rien d’autre. Les médias sous toutes leurs formes, le cinéma inclus, sont leurs armes. Les médias ne sont pas des entreprises productrices de plus-values. Et pourquoi alors des dits capitalistes investissent des milliards sur des médias ? Parce que ce sont des outils de domination, des outils magiques de colonisation des cerveaux. J’ai fait le parallélisme entre Hollywood (Bois de Houx, baguette de houx, baguette magique) et le travail des médias sur les consciences. Par des milliers de films sur le Viet Nam les mots « anciens du Viet Nam » sont devenus synonyme de héros et non de soldat qui a quitté le Viet avec une défaite. C’est comme ça que cela fonctionne. La modification de la perception des cerveaux par la baguette magique du cinéma de Hollywood. Pourquoi le choix de la Chine Mère ? Parce que c’est la première puissance mondiale à la date d’aujourd’hui. Je sais que beaucoup de cerveaux sont formatés de sorte que cette vérité fait rire certains. Mais je donne juste trois indications : - Le FMI outils des US, par excellence, a reconnu que la Chine sera la première puissance mondiale en 2014. Pour l'OCDE ce sera en 2016. Face à l’évidence, il leur fallait des subterfuges. La vérité est que la Chine l’est depuis 1998. - Lorsque en 2011 les USA pataugeaient dans une dette de 250 000 milliards qui avait poussé Obama à négocier avec le Sénat le droit de hausser le plafond de la dette, la Chine avait une réserve d’argent non utilisé de 800 000 milliards. - La population des USA est de 250 millions d’habitants, le nombre d’ingénieurs chinois diplômés est de 300 millions. Le nombre d’ingénieurs chinois est supérieur à la population US. La deuxième puissance que la réorientation de Wade a visée est l’Inde. Pourquoi l’Inde ? Parce que l’Inde est une puissance qui, à elle seule, est plus développée que la totalité de l’Europe. Et cela dans tous les domaines, y compris le domaine des armes que l’Occident chérit tant. Je donne une indication : Mittal est le membre d’une famille de riches hindous qui tenait la sidérurgie de l’Inde (acier, fer…). L’acier en Europe était dominé par Arcelor qui regroupait la France, l’Espagne, Belgique, Allemagne, Luxembourg… Lorsque Mittal eut l’idée de racheter le fleuron de l’acier européen pour l’intégrer à son groupe, toute l’Europe s’y est opposée. Il se déplaça en jet privé en Europe pour tenter de convaincre, personne ne voulut le recevoir. De retour en Inde il mit sur la table une OPA hostile. C'est-à-dire une offre d’achat bon gré mal gré. L’Europe était obligée de lui vendre Arcelor ou de le voir travailler à mener cette dernière en faillite. En 2006, l’Europe céda la mort dans l’âme. Mittal devint ArcelorMittal. Et le grand indien, au lieu de baisser le prix d'achat du fer comme l’aurait fait un occidental s’ils étaient maîtres, augmenta celui-ci. Résultat, au Sénégal, aucune ferraille ne traîne par ici, même les panneaux de signalisation sont vandalisés. La troisième cible de la réorientation de Wade a été les pays arabes. Les pays arabes sont des pays assis sur des réserves financières. Ce ne sont pas des puissances dans le sens traditionnel pour la simple raison que quand on naît avec une cuillère d’or dans la bouche, la paresse vous pousse à développer l’esprit de loisir plutôt qu’un esprit ingénieux. Mais il n’existe, presque pas, de pays arabe qui n’a pas une réserve financière dite « pour les générations à venir ». Et pour ce qui est nommé première puissance, aujourd'hui (les USA), il suffit que ces pays arabes retirent des banques US leurs dépôts pour les USA tombent en faillite dans la minute qui suit. Pour un pays sous développé, à la recherche de fonds pour financer ses besoins en investissement, il n y a pas d’orientations stratégiques plus judicieuses. Et la conséquence a été un boom des financements à destination du Sénégal. Mais face à cette réussite, une certaine opposition a senti la terre se dérober sous ses pieds. Les sénégalais ont été habitués aux phrases du genre « Avant on parlait de millions, maintenant on ne parle que de milliards ». Amath Dansokho est monté en vedette avec des discours du genre « qu’on nous dise d’où vient cet argent », puis « Wade ne doit pas laisser des dettes que les générations à venir ne pourront pas payer ». Il est encore monté d’un cran pour dire que l’argent qui circule au Sénégal vient du blanchissement d’argent de la drogue. Et quand vint la casse de la BCEAO, en Côte d’Ivoire, avec des journalistes, ils avancèrent que l’argent vient de la casse de la BCEAO. L’enjeu, pour l’opposition et sa presse était de trouver les moyens de faire échouer cette réalité du boom des investissements, du boom des chantiers, il leur fallait fabriquer des bulles médiatiques à même d’éviter au citoyen l’appréciation de cette réussite réelle et visible. Pendant que Dansokho et ses journalistes s’attaquaient à l’origine des finances, Latif Coulibaly et quelques autres se spécialisèrent dans la fabrique de bulles sur l’utilisation de ses finances. Il ne serait pas aisé de comprendre le travail de presse fait dans ce sens si l’on oublie que l’installation de nouveaux partenaires, qui nous a valu ce boom financier, s’est fait avec le départ de d’autres partenaires qui n’ont pas digéré les préférences du Sénégal. (Dans une précédente contribution, j’avais expliqué comment la SOTRAC avait été coulé par les français, pour donner un exemple des méthodes de ces partenaires dits traditionnels). La configuration du monde, actuelle, qui en fait un village planétaire ; la suppression par la démocratisation de beaucoup de barrières, surtout législatives ; le déséquilibre des richesses qui regroupe les fortunes entre quelques mains ; toutes ces raisons font que chaque pays cherche à attirer ces fortunes chez lui. Et chaque pays développe des stratégies pour attirer ces fortunes. Au-delà du simple marketing, on est dans le domaine de l’ingénierie financière. Lorsque des pays du monde courent derrière l’organisation des coupes d’Afrique, du Monde. Lorsque ces pays courtisent l’organisation des jeux olympiques et investissent dans des lobbyings pour être élus. Lorsque des pays squattent les allées de l’Unesco pour inscrire l’un de leur site dans le patrimoine mondial. Lorsque des pays investissent dans la conservation de leur faune et flore. Lorsque des pays recherchent l’organisation d’activités culturelles périodiques, c’est toujours dans le but de se faire attractif, de sortir de l’anonymat du milieu des pays du monde. Dans la vision de l’ingénierie financière, les états sont comme des jeunes filles à parer, à enjoliver, pour attirer le soupirant... financier. Ce ne sont que des promotions de l’image extérieure du pays. Vue sous cet angle, les pays cherchent à vendre leur image. C’est dans cette ligne que s’inscrivent les projets culturels des orientations de Wade. C’est dans cette ligne que s’inscrivent la statue de la Renaissance et l’Organisation du Fesman, entre autres. Il n’est pas besoin de rappeler que l’image de la ville de New York est liée à la statue de la liberté, celle de Paris à la Tour Eiffel. Vue sous cet angle poser le problème de priorité est un non sens. Ce serait comme poser un problème de priorité entrer se peigner les cheveux et trouver à manger. Parallèlement à ce besoin de vendre l’image à l’extérieur, il y a l’autre aspect du mythe fondateur.

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