Climat des affaires : L’UNPES déplore le « parcours du combattant » pour accéder aux autorités
L'accessibilité des autorités publiques envers le secteur privé national demeure un problème majeur. C'est le constat sans appel dressé par le président de l’Union Nationale des Patrons d’Entreprises du Sénégal (UNPES), Magueye Badiane, lors d’un atelier gouvernemental consacré à l’investissement et au climat des affaires.
À l’entame de son intervention, M. Badiane a estimé que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour améliorer la qualité du dialogue entre l’État et les entreprises locales. Selon lui, les opérateurs économiques nationaux font face à de réelles difficultés pour accéder aux décideurs publics, qu'il s'agisse d'obtenir des audiences ou d'établir un contact direct.
« Les hommes d’affaires étrangers ont souvent un accès plus facile à nos autorités que les entrepreneurs sénégalais », a-t-il regretté, qualifiant cette situation de frein au développement du secteur privé national. Pour le président de l’UNPES, une plus grande disponibilité des décideurs à l’égard des entrepreneurs locaux contribuerait significativement à la résolution des crises. « Si les autorités étaient plus accessibles aux entrepreneurs sénégalais, cela représenterait déjà près de 20 % des solutions », a-t-il soutenu.
Magueye Badiane a également souligné les limites des rencontres collectives entre l’État et le patronat. Si ces cadres permettent d’aborder des problématiques générales, ils ne favorisent pas, selon lui, la prise en compte des difficultés spécifiques de chaque entité. « Les véritables problèmes, notamment financiers, ne peuvent pas être exposés publiquement. Chaque entreprise a sa réalité, sa comptabilité et ses contraintes propres, qui nécessitent des échanges confidentiels », a-t-il expliqué. Il plaide ainsi pour l’instauration de rencontres individuelles afin de permettre des discussions approfondies et adaptées aux réalités du terrain.
Par ailleurs, le président de l’UNPES a regretté l’absence du Parlement dans ces instances de concertation. Pour lui, l’implication des députés est indispensable, dans la mesure où plusieurs propositions issues des échanges doivent impérativement se traduire par des réformes législatives. « On ne peut pas parler de réformes sans associer le Parlement », a-t-il insisté.
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