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DU TAILLEUR DE MARCHÉ NGUÉLAW À LA 2STV La longue marche de Bécaye Mbaye

Auteur: Sunu Lamb via Xibar

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Bécaye Mbaye est l'animateur vedette de Bantamba sur la 2STV qui passe tous les mardis soirs. Ce sont des millions de téléspectateurs qui suivent cette émission qui cartonne depuis 2005. Bécaye Mbaye par la force des choses a réussi à conquérir le cœur des amateurs, des lutteurs, des managers et tous ceux qui gravitent autour de la lutte. Pourtant, ce n'était pas évident pour Bécaye Mbaye de réussir dans la presse pour quelqu'un qui était le plus grand tailleur de Marché Nguélaw.Né un 31 décembre Bécaye Mbaye est né le 31 décembre 1957 à Dakar qui coïncide avec la Saint Sylvestre. Il a fait ses études primaires à l'école Route des puits, derrière le Cinéma Liberté. Bécaye se souvient : «Je n'étais pas brillant dans les études, je suis entré le lundi et on m'a viré le mardi». Il va continuer an disant : «Les études n'étaient pas dans ma tête à cette époque bien que ma famille voulait que j'apprenne. Mais c'était difficile à cette époque, avec mon père qui assurait la dépense quotidienne tous les jours et ma mère, une brave femme qui luttait tous les jours pour que sa famille ne manque de rien. Avec ces conditions, il m'était difficile de me concentrer sur l'école et j'ai préféré jeter l'éponge pour faire autre chose».

 

Un tailleur hors pair
 Après avoir quitté les bancs et les cravaches de Monsieur X, Bécaye Mbaye va opter pour autre chose. «Après avoir laissé les bancs de l'école, j'ai embrassé le métier de tailleur chez mon oncle au Marché Nguélaw qui était le couturier de Soda Mama Fa11. C'est mon oncle qui m'a initié à ce métier que j'ai quitté après pour être avec Pape Faye, un maitre du tailleur. Par la suite, je me suis envolé de mes propres ailes comme un Goorgorlou. J'étais très excellent et j'avais beaucoup de clients. Je me rappelle à cette époque, je pouvais coudre des Tailles Basses, des Annagos, des Marignères, des grands boubous et beaucoup de choses. Un métier que je vais aussi quitter pour m'envoler vers d'autres cieux toujours à la recherche de l'argent pour faire vivre ma famille». 
 
Sept ans à Paris 
 
Après avoir quitté le métier de tailleur où il avait beaucoup de clients à cette époque, il va faire un saut en Europe. El Màestro se remémore : «Lorsque j'ai abandonné le métier de tailleur, je suis parti en Europe plus précisément en France, c'était le 5 mai 1982. J'étais tellement déçu de Paris, moi qui le croyais comme un Paradis. A Dakar, on nous disait qu'à Paris il y avait du tout mais il n'en était rien bien qu'ils sont très développés. Vivre à Dakar est mille fois mieux. Et pourtant, je vais y rester pendant neuf ans et je travaillais comme tailleur. Avec ce métier, j'y ai gagné beaucoup d'argent que j'envoyais à ma famille. Je suis resté là-bas pendant 7 ans. Par la suite, j'ai décidé de rentrer au bercail pour quelque temps afin de voir ma famille, ma femme, mes amis, le sol sénégalais qui me manquait tant».
 
Retour au bercail 
 
C'est ainsi qu'en 1989, Bécaye Mbaye décida de rentrer au bercail pour quelque temps afin de se ressourcer auprès de sa famille. «En 1989 donc, j'ai décidé de rendre visite à ma famille pour quelques semaines mais à la fin je ne vais plus retourner à Paris. J'avais des problèmes de papiers qui m'ont obligé de rester. Par la suite, je vais faire du journalisme a SOFA un quotidien en Wo1of et Pulaar. J'écrivais en Wo1of mes textes et on les transcrivait en Français. J'ai couvert en 1997 le combat Tapha Guèye/Tyson. C'est par la suite que j'ai déposé une demande à la radio Walf Fadjiri».
 
 Les débuts de Bécaye Mbaye à la radio 
 
Bécaye Mbaye après avoir travaillé comme pigiste dans un journal de la place va tenter sa chance dans une radio alors qu'au départ il n'y croyait pas du tout : «Lorsque je déposais ma demande, je n'y croyais pas beaucoup, car je me disais comment un Bécaye Mbaye pouvait tenir un micro et faire de la radio. C'est ainsi que j'ai déposé une demande entré les mains de Mame Less Camara. Après avoir pris congé de lui, il a promis de me téléphoner. Je me rappelle, je l'ai trouvé entrain d'écrire un article intitulé : Le taximan de 1a constitution. C'est par la suite qu'ils ont téléphoné chez moi alors que j'étais dans une usine de la place pour travailler. À mon retour, ma femme m'a annoncé que la radio Walf Fàdjiri a téléphoné. C'est ainsi que je suis parti et j'ai fait des tests. Je me souviens, il y avait Abdoulaye Lam, Mame Less Camara,, Jean Meissa et Reine Marie Faye. A force de parler, ils riaient de moi. À mon retour, les gens me disaient, je vous ai écouté à la radio, ma femme, ma mère, tout le monde était étonné. Ma mère va me prodiguer des prières (Yala Nala Fa Yala Saxal). C'est par la suite que j'ai commencé à travailler là-bas, une radio qui m'a permis de me faire connaître et où j'ai beaucoup appris. Walf était ma maison». 
 
Révélé à Walf FM 
 
Bécaye va aussi donner les raisons de son départ de Walf Fadjiri pour la 2STV : «Après avoir fait la radio, je voulais découvrir la télévision. Je voulais faire de la radio et de la télévision comme on le fait en France, aux États-Unis, les grandes démocraties du monde. Mais, je n'étais pas tombé d'accord avec mon patron Sidy lamine Niasse, c'est tout simplement ce qui m'a fait quitter la radio Walf pour la 2STV mais il n'y avait pas autre chose».
 
 Bécaye et la 2STV : Bantamba, reine des émissions de lutte
 
 Bécaye va aussi donner son impression sur la 2STV qu'il a intégré depuis peu après être passé par la radio. «Tout ce que je peux vous dire, la radio est plus difficile que la télévision. Passer de la radio à la télé est un risque pour les journalistes, parce que les auditeurs ont une étiquette sur vous, ils croient que vous êtes soit vieux, soit maigre, ou bien vieux, vilain: ou bien beau. Ils pensent du tout et lorsque vous passez à la télé vous pouvez les décevoir, c'est le gros risque et les gens peuvent même, ne pas regarder votre émission. Pour ce qui est de Bantamba, lors de mon premier passage, je n'ai pas eu de tract particulier. J'ai fait comme si j'étais dans mon salon ou bien en train de discuter avec mes amis. Au départ, je savais que Bantamba allait cartonner (je touche du bois) parce que les gens aiment la lutte et cette émission ne parle que de la lutte. On y montre pas de la politique rien que les acteurs de la lutte, c'est pourquoi, les gens adorent cette émission, mais il nous reste beaucoup a faire pour satisfaire tous les amateurs ».
 
 Voeux de Bécaye 
 
Mbaye Bécaye Mbaye va terminer en lançant un appel à tous les journalistes sportifs. «À travers votre organe Sunu Lamb, je lance un appel à tous les journalistes sportifs pour qu'ils aient plus de solidarité. Il doit avoir de la solidarité pour pouvoir affronter les arnaqueurs qui nous entourent et qui gravitent autour de nous. Regardez les journalistes qui font de la politique, ils sont tellement solidaires comme ce n'est pas possible. Un problème de X est le problème de Y. On doit faire comme eux pour affronter tous les problèmes et on peut y arriver à condition qu'on soit tous solidaires l'un vis-à-vis de l'autre. Je ne pourrais terminer sans pour remercier ma femme qui était toujours là dans les moments les plus difficiles. Je n’oublierai pas non plus mon père et ma mère qui ont éclairé mon chemin ».
Auteur: Sunu Lamb via Xibar
Publié le: Jeudi 23 Février 2012

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