« Le Sénégal n'est plus crédible », le constat alarmant de Thierno Alassane Sall sur les marchés
Le bras de fer se durcit entre le gouvernement et l'opposition sur la gestion de la dette. Jeudi dernier, en conférence de presse, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, affirmait que le recours aux opérations de Total Return Swap (TRS) avait été « rendu public dans le rapport économique et financier annexé à la loi de finances pour l’année 2026 ». Une version catégoriquement démentie par Thierno Alassane Sall.
Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche 29 mars, le leader de La République des Valeurs a apporté un démenti formel aux propos du ministre. Selon le député, ni les rapports budgétaires ni les lois de finances ne font mention de ces opérations complexes. « Le ministre a dit qu’à l’Assemblée nationale, il nous a informés. J’ai dit que c’était totalement faux. Ça ne figure pas dans le projet de loi de finances », a-t-il martelé sur les ondes de la RFM.
Des divergences de chiffres avec le Financial Times
Thierno Alassane Sall met en cause la cohérence de la communication gouvernementale, qu'il juge en contradiction avec les révélations de la presse internationale. « Sa communication, sur certains points, est en porte-à-faux avec les informations du Financial Times », a-t-il relevé, pointant des divergences sur les taux d’intérêt et les garanties réelles de ces emprunts.
À titre d’illustration, l'ancien ministre cite des montages financiers qu’il estime profondément déséquilibrés : « Pour un montant mis à disposition de 105 millions d’euros, on a donné des obligations de 150 millions d’euros ». Un ratio qui, selon lui, traduit un niveau de garantie inhabituel et inquiétant.
« La signature du Sénégal n'est plus crédible »
Au-delà de la polémique technique, Thierno Alassane Sall s'alarme des risques qui pèsent sur les deniers publics. Il évoque des clauses de sauvegarde qui pourraient forcer l'État à injecter des liquidités en urgence en cas de dégradation des indicateurs économiques. « On est dans une situation de crise financière, de tensions budgétaires, qui rend la gestion de la trésorerie extrêmement difficile », a-t-il prévenu.
Pour le parlementaire, l'exigence de telles garanties par les créanciers envoie un signal désastreux aux marchés internationaux : « Le fait qu’on demande des garanties signifie que le Sénégal a accepté que sa signature n’est plus crédible ». Un constat qu'il juge d'autant plus grave que ces niveaux de gage sont, à ses yeux, « extrêmement élevés ».
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