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Main tendue de Wade à l’opposition : Un vrai dialogue de sourds

Auteur: Mohamed MBOYO

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Dialogueront-ils ou ne dialogueront-ils pas. La main tendue du chef de l’Etat à son opposition semble plus relever d’un geste politique que d’une volonté à écouter ses opposants. Ces derniers jouent, d’ailleurs, dans le même registre de la stratégie politique en répondant à l’appel au dialogue lancé par un ‘oui, mais’. Suffisant pour créer une aphonie communicationnelle. 

Près d’un mois depuis sa main tendue à l’opposition, du 14 juillet, le dialogue entre le pouvoir et l’opposition tarde à démarrer. La machine semble quelque part enrayée. Comment se parler quand le fossé se creuse chaque jour davantage ? Et, surtout, comment concilier les positions radicalement opposées pour envisager un dialogue constructif ? Toute la difficulté réside dans cet exercice. Pourtant, dans un camp comme dans l’autre, la volonté de dialogue semble affichée. Mais, en même temps, nul ne se montre disposé à faire des concessions, moins encore à faire acte de dépassement. Le 23 juin a été un rendez-vous historique, l’opposition ne tient pas à en brader les acquis. Le triomphe de Wade le 23 juillet lui donne tout autant des ailes. A ce jeu-là, le dialogue n’est pas loin d’être une vue de l’esprit.

Selon une source proche de Me Wade, citée jeudi par un quotidien de la place, l’état d’esprit du chef de l’Etat sur le dialogue qu’il a lui-même proposé est pas dichotomique. ‘J’ai eu vent de leur exigence. Mon retrait des élections de 2012 ne saurait être un préalable à aucune discussion avec eux (l’opposition, Ndlr)’, assène-t-il. Mais, un peu plus en aval, revenant sur sa volonté de dialogue avec l’opposition, il déclare : ‘Ils n’ont qu’à venir, s’ils ont des propositions sérieuses à me faire. Sinon, on se donne rendez-vous en février prochain. Ma proposition au dialogue n’est pas une faiblesse. S’ils (les leaders de l’opposition, Ndlr) l’interprètent ainsi, ils vont vite déchanter. Car, dans la rue, je peux rendre coup pour coup’.

Ces propos du président de la République sont révélateurs de sa volonté de dialoguer avec ses opposants, mais à son rythme. A le lire entre les lignes, il apparaît clairement qu’il ne tient pas à discuter sur le retrait de sa candidature dont l’opposition a fait un préalable avant toute négociation pour l’apaisement du débat national. Avec son 23 juillet qui lui a permis de vaincre la hantise du 23 juin et surtout l’accueil chaleureux que lui a réservé, il y a peu, Touba, Wade voit l’horizon autrement. En donnant rendez-vous à l’opposition en février 2012, si elle demeurait inflexible, il souhaite ainsi que le peuple arbitre un conflit qui, à voir son agacement, commence à perdurer.

Mais, la dichotomie que renferme la posture du leader du Pds ne lui est pas particulière. L’opposition, elle aussi, fait dans le même style, sinon mieux. Car, à la main tendue du chef de l’Etat, sa posture n’est pas différente. Mais, face à ce qui apparaît plus comme un piège, pouvait-elle vraiment prendre langue sans faire la moue ? Juste après le discours du chef de l’Etat devant ses partisans à l’hôtel des Almadies, elle s’est déclarée ouverte au dialogue, mais tout en fixant des préalables extrêmes. Réunis le 15 juillet au domicile d’Amath Dansokho, les leaders de Bennoo Siggil Senegaal ont relevé davantage la barre. El Hadj Ibrahima Mbow,, Président de l’Union Citoyenneet porte-parole du jour de la coalition a, à cet effet, fait remarquer que ‘l’appel au dialogue du Chef de l’Etat est fait de menaces et d’invectives’.

Ainsi comme préalable à toute discussion avec le chef de l’Etat, l’opposition a, elle aussi, exigé ’le retrait de la candidature de Wade en 2012, le retrait des récents décrets de redécoupage administratif, les démissions des ministres Ousmane Ngom, Cheikh Tidiane Sy et Karim Wade et la mise sur pied d'un organe indépendant pour l'organisation d'élections transparentes’. Comme pour ne rien arranger, l’opposition a averti : ‘Nous disons, contre vents et marées, que Me Wade ne sera pas candidat, parce qu’il ne peut pas être candidat.’

Dans ces conditions, en lieu et place d’une main tendue, c’est un vrai dialogue de sourds qui s’est installé. Si l’opposition campe sur ses positions, Wade, tout en donnant l’impression de vouloir faire de concessions, durcit son discours. Que faire dans ces conditions pour renouer le fil du dialogue entre le pouvoir et l’opposition ? Cela relève d’une gageure ! Le G6 qui a tenté d’établir le pont entre les antagonistes en sait quelque chose. Sa bonne foi a été noyée sur l’autel de suspicions. Peut-être que la solution viendra des chefs religieux, ces régulateurs de la vie sociale ?

Auteur: Mohamed MBOYO
Publié le: Samedi 06 Août 2011

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