PASTEF sonne l’heure de la « révolution souverainiste » : Sidy Alpha Ndiaye dévoile la nouvelle doctrine du parti
Réunis à Diamniadio dans le cadre de leur congrès, les militants et responsables de PASTEF ont adopté une résolution générale qui fixe les orientations idéologiques et stratégiques du parti pour les années à venir. Un document majeur lu par Sidy Alpha Ndiaye, qui a présenté ce que les Patriotes considèrent désormais comme la nouvelle doctrine politique devant guider l'action du pouvoir.
Au cœur de cette résolution figure une idée forte : l'accession de PASTEF aux responsabilités en 2024 ne constitue pas une simple alternance politique. Le parti estime qu'il s'agit plutôt d'une « révolution démocratique, populaire et souveraine » destinée à transformer en profondeur les structures héritées du passé.
Selon le texte adopté par le congrès, cette révolution vise à mettre fin aux mécanismes de dépendance, aux logiques de rente et aux formes d'exclusion qui ont longtemps freiné le développement du pays. Les responsables du parti insistent toutefois sur le fait qu'il ne s'agit ni d'un projet de rupture avec les institutions ni d'une remise en cause de l'État de droit, mais d'une refondation de l'État au service exclusif des intérêts du peuple sénégalais.
Dans son exposé, Sidy Alpha Ndiaye a également rappelé les sacrifices consentis au cours des années de lutte politique. Le congrès a rendu hommage aux martyrs, aux détenus politiques et à tous les militants ayant subi la répression pour leur engagement en faveur du changement. Pour les Patriotes, ces combats constituent le socle moral et politique de la nouvelle étape ouverte depuis leur arrivée au pouvoir.
La résolution s'inscrit également dans une lecture plus large des bouleversements internationaux. Face aux crises économiques, climatiques et géopolitiques qui secouent le monde, PASTEF estime que l'Afrique est engagée dans une phase historique marquée par le retour des aspirations souverainistes et la recherche de modèles de développement plus autonomes.
Le parti réaffirme ainsi son attachement à un panafricanisme fondé sur la souveraineté des peuples, la coopération régionale et la construction d'une puissance africaine capable de défendre ses propres intérêts dans un monde en recomposition.
Pour les congressistes, la victoire électorale de 2024 ne représente qu'un point de départ. Le véritable enjeu réside désormais dans la transformation durable des structures économiques, sociales, culturelles et institutionnelles du Sénégal. Cela passe notamment par la construction d'un État stratège, une administration performante, une lutte sans concession contre la corruption et la valorisation des compétences nationales.
Le texte met également en garde contre toute forme de relâchement politique. Les députés et responsables du parti sont appelés à préserver l'esprit de rupture qui a porté PASTEF au pouvoir et à empêcher que les aspirations populaires ne soient diluées dans les pratiques traditionnelles de gestion du pouvoir.
Enfin, la résolution accorde une place centrale à la bataille culturelle. PASTEF estime que la souveraineté ne pourra être pleinement réalisée sans une réhabilitation des savoirs africains, une promotion accrue des langues nationales et une restauration de la confiance collective. Les valeurs de Jom, Ngor, Kersa et Teranga sont ainsi présentées comme les fondements éthiques d'un nouveau projet de société.
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